« Nous sommes convaincus qu'un compromis sera trouvé », a déclaré à l'AFP un haut responsable du gouvernement sud-africain venu à Harare préparer la visite. « Certaines questions doivent être soulevées, mais, de notre point de vue, tout problème ouvre de nouvelles opportunités », a-t-il ajouté, sous le couvert de l'anonymat.
Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, ex-opposition), le parti du Premier ministre Morgan Tsvangirai, attend beaucoup de cette première visite au Zimbabwe de M. Zuma depuis son élection en mai. « Nous espérons qu'elle permettra de déverrouiller le blocage politique dans notre pays », a indiqué le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa. « Je suis très confiant dans la capacité (du président sud-africain) à tirer le maximum de cette visite. » Le porte-parole du président zimbabwéen Robert Mugabe, George Charamba, a seulement signalé aux médias d'État que M. Zuma venait prononcer un discours à la foire agricole de Harare aujourd'hui.
Les anciens rivaux ont fini par former un gouvernement d'unité nationale en février, cinq mois après la signature, sous la pression régionale, d'un accord de partage du pouvoir censé mettre fin à la crise politique et humanitaire née de la défaite du régime Mugabe aux élections de mars 2008. Mais les heurts sont multiples. Les deux camps s'affrontent toujours sur certains postes essentiels, notamment celui de gouverneur de la Banque centrale et de procureur général. Selon le MDC, ses partisans continuent en outre de subir les persécutions de la police, en dépit des garanties de liberté d'expression prévues dans l'accord.
Si le but de la médiation sud-africaine, mandatée par la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), reste de parvenir au compromis, le ton du nouveau chef de l'État s'annonce plus musclé que celui de son prédécesseur Thabo Mbeki, décrié pour sa « diplomatie silencieuse ».

