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Liban - Patrimoine

Un pressoir à mélasse de 200 ans réhabilité à Ras-Baalbeck

Après avoir implanté dans le caza de Zahlé l'écomusée de Terbol, la Fondation nationale du patrimoine récidive à Ras-Baalbeck en sauvant de la destruction un pressoir à mélasse traditionnel datant de deux cents ans. Il est ouvert au public depuis le 2 août...

Pour maintenir en mémoire des techniques d'art de bâtir locales en voie de disparition, la Fondation nationale du patrimoine avait réhabilité à Terbol, en 2004, une maison paysanne traditionnelle en briques de terre crues d'une typologie courante dans la région de la Békaa et l'avait aménagée en musée vernaculaire doté d'une collection d'objets et d'outils ethnographiques. Cet  unique musée construit en terre au Liban permet d'en savoir davantage sur l'architecture rurale traditionnelle en voie de disparition et sur le mode de vie paysan d'antan.
Aujourd'hui, l'objectif du musée de Ras-Baalbeck est de sauvegarder un autre témoignage de la vie rurale : un pressoir traditionnel qui servait à fabriquer de la mélasse à base de raisins secs, dessert typique de Ras-Baalbeck, explique l'archéologue Nour Majdalani, qui est à l'origine de la découverte du pressoir et qui s'était investie dans  la création du musée du savon à Saïda et de la maison traditionnelle de Terbol, et dont le travail consiste dans la recherche des informations historiques, la collecte des textes, des objets anciens et de la mémoire orale auprès des personnes âgées. Majdalani signale que le pressoir a été construit il y a plus de 200 ans et qu'il a continué à fonctionner du vivant de son propriétaire, Saadallah Mansour, décédé en 1996. Bâti à l'origine en briques crues (lebn), il a été en partie détruit lors d'un orage et restauré avec du parpaing. Mais les installations, à savoir les cuves, les puits, le bassin, le socle (mastaba) et la meule, le foyer et le chaudron sont restés intacts.
En 2007, avec l'accord de l'héritière des lieux, Saada Mansour, la fondation décide  de rénover l'endroit et de le transformer en un pôle d'intérêt écotouristique. Nayla Kettaneh Kunigk, membre du comité exécutif de la fondation, assistée par Zeinab Jaber, s'est alors chargée de l'exécution du projet, confiant à Nour Majdalani la recherche historique et aux architectes, Ghazi Ziadé et Jean-Marc Bonfils, les travaux d'intervention sur la construction pour éliminer les rajouts en parpaings, reconstruire les parties détruites du pressoir selon les techniques traditionnelles et le doter d'une boutique, d'une salle audiovisuelle, d'une cafétéria et de zones de services.
Le musée fait désormais partie d'un circuit touristique et d'un paysage spirituel  englobant le couvent Saydet Ras-Baalbeck, plusieurs églises (Sainte-Barbe, Mar Élias, Mar Boulos Semaan, la grotte de Saint-Nicolas, la maison traditionnelle de Walid Fayad, les fabricants de luth (oud)... Et pas très loin du Hermel, qui offre son monument Ammoua', de la source de l'Oronte (Aïn el-Zarka) où l'on pratique  le rafting.

M. M.
Pour maintenir en mémoire des techniques d'art de bâtir locales en voie de disparition, la Fondation nationale du patrimoine avait réhabilité à Terbol, en 2004, une maison paysanne traditionnelle en briques de terre crues d'une typologie courante dans la région de la Békaa et l'avait aménagée en musée vernaculaire doté d'une collection d'objets et d'outils ethnographiques. Cet  unique musée construit en terre au Liban permet d'en savoir davantage sur l'architecture rurale traditionnelle en voie de disparition et sur le mode de vie paysan d'antan. Aujourd'hui, l'objectif du musée de Ras-Baalbeck est de sauvegarder un autre témoignage de la vie rurale : un pressoir traditionnel qui servait à fabriquer de la mélasse...
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