Les corps de 19 victimes supplémentaires ont été découverts hier soir, portant le bilan provisoire à 47 morts, selon le centre opérationnel des secours sur place, a rapporté l'agence Interfax. M. Poutine, au cours de sa visite plus tôt dans la journée, avait écarté toute possibilité que les dizaines de personnes encore portées disparues puissent être retrouvées vivantes. Le désastre a très probablement fait 75 morts, selon lui. « Le matériel peut être réparé, mais on ne ramènera pas les gens. C'est la plus grande tragédie », a-t-il souligné. M. Poutine a également demandé au ministère de l'Énergie et au groupe Rushydro de lui présenter un plan de reconstruction de la centrale d'ici à six semaines.
L'homme fort de Russie n'a pas réagi personnellement à la revendication du groupe islamiste Riyadous Salikhiine, publiée hier sur le site Internet rebelle Kavkazcenter.com et qui prétendait avoir provoqué l'accident en plaçant une grenade antichar dans cette centrale, située en Khakassie, à environ 4 300 kilomètres à l'est de Moscou. Son explosion « a provoqué d'énormes dégâts, bien supérieurs à ce que nous pouvions espérer », se sont félicités les rebelles dans leur message. Le groupe a également revendiqué l'attentat perpétré le 17 août - jour du drame de la centrale - contre le quartier général de la police à Nazran, en Ingouchie (Caucase russe), qui a fait 25 morts. Mais le parquet fédéral russe a souligné qu'il n'y avait « aucune preuve de sabotage de la centrale ». Pour sa part, le porte-parole du parquet, Vladimir Markine, a indiqué que les artificiers du FSB (services secrets) n'avaient pas découvert de traces d'explosifs sur les lieux de l'accident. « Dans le cadre de l'enquête, différentes versions de l'origine de l'accident sont vérifiées. Toutefois, la version de l'attentat n'a pas été confirmée », a-t-il observé.
Les Riyadous Salikhiine se qualifient de « brigade de martyrs » et étaient auparavant dirigés par Chamil Bassaïev, le chef de guerre radical tchétchène qui avait organisé notamment la prise d'otages de l'école de Beslan, en septembre 2004, et qui a été tué en 2006. En juin, ce même groupe avait déjà revendiqué l'attentat qui avait grièvement blessé le président de l'Ingouchie, Iounous-Bek Evkourov.
Attentats-suicide
à Grozny
En Tchétchénie, autre république du Caucase, deux attentats-suicide ont été commis hier à Grozny, la capitale, causant la mort de quatre policiers par des kamikazes se déplaçant à bicyclette. Plusieurs républiques du Caucase sont régulièrement frappées par des mouvements d'inspiration islamiste. Riyadous Salikhiine, qui est l'un d'entre eux, explique par ailleurs qu'en début d'année, « la décision a été prise d'activer la guerre économique contre la Russie sur son territoire ». Dans ce but, il aurait envoyé des « groupes de sabotage » dans « une série de régions russes », avec des « buts prioritaires », tels que les oléoducs et les gazoducs, les centrales électriques et les usines.

