Deux camions chargés de deux tonnes d'explosif ont explosé mercredi devant le ministère des Affaires étrangères à Salhiyeh, dans le centre de Bagdad, et celui des Finances à Bab al-Mouazam, plus au nord, faisant 95 morts et près de 600 blessés. Un troisième a été désamorcé avant que ne survienne une autre catastrophe.
Ces carences ont contraint M. Maliki à réévaluer totalement le plan de sécurité mis en place après le retrait américain des villes d'Irak voilà six semaines et dont il tirait une grande fierté. Lors d'une réunion mercredi soir, « les principaux responsables de la sécurité et les ministres en charge de ce secteur ont pris une série de mesures, dont certaines sont tenues secrètes, pour éviter que de telles erreurs se reproduisent », a indiqué le général.
Les annonces de M. Maliki étaient loin de calmer la colère des habitants du quartier du ministère des Affaires étrangères. « Bien sûr que les coupables sont les chefs de la sécurité du plus petit au plus grand car il est impossible de laisser circuler sur une route principale un camion en pleine journée. Cela n'arrive ni en Afghanistan ni en Afrique, mais seulement chez nous », affirme un fonctionnaire kurde du ministère. « Toutes les mesures qu'ils annoncent sont du vent, je suis sûr que cela recommencera tant qu'ils resteront à leur poste », ajoute-t-il. Il y a deux semaines, pour montrer aux Irakiens que la sécurité s'était améliorée, M. Maliki avait demandé aux forces de sécurité de retirer les murs de protection en béton qui obstruaient les rues de Bagdad. Il n'y avait plus aucun mur devant ce ministère.
« Ces attaques étaient prévisibles. Les terroristes ont voulu envoyer un message pour démontrer que les forces irakiennes sont incapables d'assurer la sécurité et pour saper les succès de Maliki et diminuer sa popularité », a affirmé à l'AFP un conseiller du chef du gouvernement, M. Ali al-Moussaoui. Un député chiite proche du Premier ministre a accusé notamment l'Arabie saoudite de soutenir les auteurs des attentats.
Les violences ont continué hier dans le pays où huit personnes ont trouvé la mort dans des attentats. Quatre personnes ont été tuées et six blessées à Hilla (100 km au sud de Bagdad) dans l'explosion d'une bombe déposée sous un bus, selon des sources de sécurité. À Jalawla, dans la région disputée de Ninive (nord), deux membres du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) ont été tués dans une attaque contre leur bureau tandis que deux autres personnes sont mortes à Bagdad dans un attentat au vélo piégé.

