Alors que Mahmoud Ahmadinejad était censé remettre au Parlement la liste des candidats avant la fin de l'après-midi hier, le président ne semblait pas l'avoir rendue dans les temps. Un membre de la direction du Parlement, Hamid Reza Haji Babaï, a ainsi averti que si cette liste n'arrivait pas « avant la fin de la journée (...), ce serait une violation de la loi et nous lui enverrons un avertissement », selon l'agence Fars.
Le président s'est déjà attiré les critiques de conservateurs pour avoir rendu publics dimanche à la télévision les noms de candidats à six postes du cabinet. Ces critiques ont porté aussi bien sur la qualification de ces personnes que sur le fait que leurs noms aient été rendus publics avant que le Parlement n'en soit informé. Il revient théoriquement au Parlement de rendre la liste publique avant de se prononcer, par un vote de confiance à la majorité simple, sur chaque candidat.
Les noms des six candidats déjà annoncés constituent également un défi à ceux qui, y compris dans le camp conservateur, attendaient que le président privilégie la compétence à la fidélité à sa personne.
M. Ahmadinejad a notamment souhaité obtenir la confirmation à leurs postes de Ali Akbar Mehrabian pour l'Industrie et de Shamseddine Hosseini à l'Économie. Il avait eu le plus grand mal à les imposer lors de son premier mandat, de nombreux députés, y compris conservateurs, les jugeant peu qualifiés pour ces postes-clés. Selon le conseiller du vice-président pour les AAffaires parlementaires, Iraj Nadimi, M. Ahmadinejad entend aussi proposer Massoud Mir Kazemi au poste de ministre du Pétrole, selon l'agence de presse du Parlement. Ministre du Commerce sortant, rien n'indique qu'il ait une quelconque expérience dans ce domaine. Quant à Mohammad Aliabadi, qui serait proposé à l'Énergie, il a passé une bonne partie de sa carrière dans les organisations sportives de l'État. Dimanche, le président a par ailleurs proposé un fidèle pour occuper le poste sensible des Renseignements, Heydar Moslehi, en remplacement de Gholam Hossein Mohsen Ejeie, limogé début août. « Selon la loi, le ministre des Renseignements doit être un mojtahed (religieux apte à interpréter la charia), mais le choix du président ne remplit pas cette condition », a déclaré Hassan Sobhani, membre influent de la commission de la Sécurité nationale du Parlement.
Le président avait créé la surprise en annonçant dimanche que son futur cabinet comporterait au moins trois femmes. Si elles obtiennent la confiance du Parlement, elles seront les premières femmes ministres de l'histoire du régime. M. Ahmadinejad a évoqué les noms de Fatemeh Adjorlou pour le ministère de la Protection et des Affaires sociales et de Marzieh Vahid Dastjerdi pour la Santé.

