Sa visite à Washington a lieu alors que le gouvernement américain fait pression sur Israël pour qu'il cesse la construction de colonies en Cisjordanie et demande en même temps aux pays arabes des progrès dans la normalisation de leurs relations avec l'État hébreu. Les discussions devraient également porter sur le programme nucléaire iranien et la question du Soudan. M. Moubarak, dont le pays a signé un accord de paix avec Israël en 1979, doit aussi dialoguer avec des responsables de groupes juifs américains.
Le président égyptien est accompagné de son ministre des Affaires étrangères Ahmad Aboul Gheit et de son ministre des Finances Youssef Boutros Ghali.
Pour M. Aboul Gheit, la visite a lieu « à un moment crucial (...) parce que les Américains sont près d'annoncer leur vision de la manière de parvenir à la paix et de mettre fin au conflit israélo-palestinien ».
L'Égypte tente notamment de mettre fin à la division interpalestinienne en jouant les médiateurs entre le Fateh du président Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas. Elle est aussi impliquée dans des tractations entre Israël et le Hamas en vue d'un échange de prisonniers.
Dans une interview publiée hier au Caire, le président Moubarak a pressé Israël de geler la colonisation dans les territoires palestiniens avant toute normalisation avec les pays arabes. « Certains pays arabes qui ont envoyé des représentants en Israël ou ouvert des bureaux de représentation commerciale pourraient envisager la réouverture de ces bureaux si l'État hébreu s'engageait à stopper la colonisation et à reprendre les négociations de paix avec les Palestiniens », a dit M. Moubarak au quotidien progouvernemental al-Ahram.
Sur un autre plan, des militaires israéliens postés à la frontière avec l'Égypte ont ouvert le feu en direction d'un garde-frontière égyptien qui les a menacés hier de son arme, a affirmé l'armée israélienne. « Des militaires ont vu s'approcher un individu suspect armé d'un fusil qu'il armait. Ils ont tiré en l'air puis en sa direction », a indiqué une porte-parole de l'armée à l'AFP. Il s'est avéré par la suite que cet « individu » était un garde-frontière égyptien, selon une source militaire israélienne. « Une commission mixte israélo-égyptienne a été chargée d'examiner cet incident », qui s'est produit à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de la station balnéaire d'Eilat sur la mer Rouge, selon la porte-parole israélienne.

