Raffinées et subtiles, les compositions florales de l'artiste français Jean-Pierre Daubin, né à Chatou, bercail des impressionnistes, ramènent un souffle de poésie et de romantisme. Délicates et précises, ses fleurs baignent dans une atmosphère inondée de clarté.
Avec la même précision mais dans un tout autre registre, Assadour Bezdikian croque des paysages désertiques et des mondes désarticulés. Comme un géomètre, il arpente la terre, voire les terres, dont il s'est exilé, pour recréer ses propres variations spatiales.
C'est grâce à une bourse pour l'Italie que cet élève de dessin chez Guiragossian, inscrit à l'atelier Guvder puis à l'Institut culturel italien de Beyrouth, va avoir l'occasion en France de retrouver des réponses et un « requestionnement » sur son art. Dans ce monde mécanique où tout semble millimétré, où la science et la fiction fusionnent, les déclinaisons de rose et de bleu ajoutent une dimension hors temps et, par le biais d'une certaine « déculturalisation », remontent à la genèse du sens de l'art.
Univers différents
Ce même chemin qu'emprunte Pierre-Jean Couarraze en reproduisant, sur ses toiles, la pérennité des choses. Ses œuvres qui semblent emmurées dans la pierre fascinent et envoûtent. Dans ses natures mortes, où les fruits juteux dégorgent de vie, où ses livres soigneusement rangés semblent parler, toute craquelure, toute fêlure ne sont pas fruit du hasard, mais porteuses d'une pensée, d'une réflexion. Ces éclats de la pierre ou du marbre ne sont que les empreintes du temps.
Par cet équilibre des formes si physiques et présentes, Couarraze, peintre figuratif, nous fait atteindre le spirituel.
Par ailleurs, on pourrait retrouver les nouvelles œuvres de Hassan Jouni qui emportent le regard vers d'autres univers. La cueillette des olives, L'autocar, Le jeu de cartes et les petites cages d'oiseaux sont autant de tableaux vivants, réalistes mais teintés de naïveté, de la vie quotidienne montagnarde ou citadine.
Un avant-goût du travail de Zeina Assi est également exposé, comme cette large toile d'arbres aux feuilles rouges qui annoncent la saison d'automne. Les aquarelles inédites d'Amine el-Bacha, les œuvres récentes d'Assomption Mateu, de Missak Terzian, le cubisme de Haïbat Ballaa achèvent de donner une note bigarrée à cet accrochage. Sans oublier Georges Homsi, un nouveau venu à la galerie, dont les toiles grand format représentant des personnages « grand gabarit », comme les mariés et le plongeur, effleurent un univers ludique et coloré.


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