Ces débuts mitigés pour les ex-pensionnaires de L2 sont à relativiser, sachant qu'ils étaient opposés à des clubs huppés (respectivement le Paris-SG, Bordeaux et Rennes).
À la mi-temps, « c'était mal barré », comme l'a dit René Girard. L'expulsion de Jeunechamp (33e) présageait le pire. Mais l'égalisation in extremis de Spahic (90+2) a récompensé l'équipe de ses efforts. « Les Montpelliérains méritaient d'égaliser parce qu'ils ont poussé, ils sont plus rentrés dans le match que nous », a reconnu Makelele.
« Je suis fier de mon équipe, a commenté Girard. Elle n'a pas fait rire, elle a répondu présent face à une équipe qui postule aux cinq premières places. »
La charnière centrale constituée du capitaine Dzodic et de Spahic, recrue brouillonne mais solide (« un guerrier de niveau international » selon Girard), a parfaitement muselé Erding et Luyindula. Le milieu, très physique, a fait bloc et empêché Sessegnon de s'exprimer.
Côté offensif, le jeune Belhanda (19 ans), pour ses débuts en pro, a fait valoir sa technique et « un match de premier ordre », dixit Girard, et Marveaux a posé de gros problèmes à Armand. Devant, Montaño s'est démené, même s'il fut peu aidé par S. Camara. D'où l'idée lancinante à la Paillade de recruter un autre attaquant.
Le MHSC restera-t-il sur sa « dynamique de la montée » ? Réponse la semaine prochaine à Lorient.
Lens : du jeu, du relâchement
« Le score est trop lourd et sévère au regard de la physionomie du match », a estimé Jean-Guy Wallemme. Et de fait, les Lensois ont fait jeu égal avec les champions de France bordelais après le premier quart d'heure et l'ouverture du score par Wendel (12e). L'égalisation de Jemaa (40e) ponctuait d'ailleurs cette audace et les Nordistes, sans occasion nette, menaçaient néanmoins régulièrement Carrasso et la défense bordelaise.
Du jeu, Lens en a proposé notamment sur les côtés, entre la vaillance de Demont (auteur de la passe décisive) et la vitesse de Boukari, alliées aux dribbles de Jemaa dans l'axe, tandis que Monnet-Paquet et Eduardo évoluaient un cran en dessous.
Fatigue ou naïveté, les Lensois ont fini par craquer, victimes de Gourcuff. Ils ont proposé du jeu, mais leur président, Gervais Martel, veut des points : « On se fiche du visage de l'équipe contre Auxerre. Cette saison, il faut des points. Si nous sommes bien en place, si nous exploitons nos qualités de contre et de vitesse, des victoires, il y en aura. »
Boulogne : dur, dur
Ni état de grâce ni effet de surprise pour l'Usbco, balayée 3-0 à Rennes et qui paraît embarquée dans une saison galère plutôt que sur un long fleuve tranquille. « On savait que ça n'allait pas être facile : on en a eu la confirmation », reconnaît Jacques Wattez, le président.
La première période a noyé les espoirs d'une bonne entame de saison, même si Laurent Guyot a « vraiment apprécié la seconde mi-temps ». Mais Boulogne est-il taillé pour l'élite ? « La Ligue 1, c'est de la concentration, de la discipline et des détails, note Agouazi. Cette claque nous montre le très haut niveau. »
L'équipe, qui se trouvait encore en National il y a trois ans, ne s'est pas vraiment renforcée et son efficacité dépend largement de Thil. Et quand le buteur et capitaine s'évertue à rater le cadre, l'Usbco a peu de solutions de rechange.
« On n'a pas été efficaces, offensivement et défensivement, et ça, que l'on soit en National, Ligue 2 ou Ligue 1, ça ne pardonne pas », résume-t-il.

