Rechercher
Rechercher

Liban - Éclairage

Et maintenant, un virage de Berry pour faire pendant à Joumblatt ?

Si le revirement soudain en a surpris plus d'un, ce n'est certainement pas le président Nabih Berry, estiment les observateurs. Non seulement parce qu'il connaît bien le leader du PSP, mais parce qu'il prédisait, avant juin, que les alignements ne resteraient pas les mêmes après les élections. Qu'il n'y aurait plus un tel clivage marsien. Il subodorait même déjà qu'avec Joumblatt et d'autres, il formerait un regroupement centriste proche du régime. Plus récemment, Nabih Berry a estimé que la mise en place d'un nouveau cabinet sonnerait le glas de la rivalité entre deux camps principaux et donnerait lieu à un tableau politique inédit. Les sources citées se demandent dès lors si le président de la Chambre va donner corps à ses oracles. En rappelant qu'il est également président du mouvement Amal...
Pour l'heure, cependant, on n'en finit pas de gloser sur le recentrage à gauche de Joumblatt et sur ses attaques au vitriol contre la droite. Il a beau s'en défendre, soutenir qu'il ne quitte pas la majorité, il est désormais classifié out, complètement dehors, par rapport au 14 Mars. Selon un ancien ministre, Joumblatt préparait sa transportation politique depuis le printemps dernier. Il avait annoncé la couleur en se déchaînant contre les chrétiens, ce qui l'avait conduit à présenter des excuses à Bkerké. Puis en appelant à un regroupement communautariste musulman. Dans un réflexe de défense inspiré par le 7 juin, pour l'avant, et par la crainte des conséquences de l'acte d'accusation du TSP, pour l'après.
Du côté du 14 Mars, comment voit-on les choses ? Selon un cadre du mouvement, Joumblatt a dérivé parce qu'il ne partage pas la même lecture des développements à venir que ses partenaires. Ils en étaient du reste prévenus, indique ce cadre, mais les réunions d'explications qui ont eu lieu n'ont pas permis de rapprocher les points de vue. Ce qui explique que, depuis quelque temps, les représentants de la Rencontre démocratique que dirige Joumblatt ne participaient plus aux travaux du secrétariat du 14 Mars, leur chef laissant entendre qu'il ne voulait plus faire partie du mouvement.
Un ancien député, ami de Joumblatt, confirme que le leader druze n'a plus eu qu'une idée en tête après le 7 mai : mettre la Montagne à l'abri de toute nouvelle attaque du Hezbollah. Il a donc relancé à cet effet Talal Arslane dès le 11 mai, et a remis à son rival les clés de la médiation salvatrice. Pour Joumblatt, confirme également cette source fiable, il reste essentiel de préserver sa communauté des effets de l'acte d'accusation du TSP, tout autant que dans le cas d'une nouvelle guerre d'Israël ou des retombées d'une confrontation entre sunnites et chiites. Joumblatt a ainsi affirmé qu'il est pour la paix civile si la justice devait la menacer. Il est ainsi entré en litige avec le 14 Mars, qui considère que, par définition même, la justice et la vérité confortent la paix civile, qui ne saurait s'en passer.
Autre élément : la sortie, c'est le mot, de Joumblatt a suivi immédiatement, comme si c'était voulu, le discours du président de la République, Michel Sleiman, à Fayadieh. Une intervention truffée de thèmes donnant lieu à réflexion politique approfondie. Notamment quand il estime qu'il faut réviser la Constitution si elle est la source du problème, mais aussi appliquer (entendre complètement) Taëf si le problème vient du confessionnalisme.
Il est clair d'autre part que, du côté de la formation du gouvernement, les compteurs doivent être remis à zéro. Que feraient les ministres attribués à Joumblatt ? Se rallier au 8 Mars, se ranger aux côtés du président ? Bien entendu, le président du Conseil désigné, Saad Hariri, doit engager de nouvelles concertations une fois que l'on aura su où Joumblatt se situe exactement. Dans l'incertitude du moment, des loyalistes conseillent à Hariri de se retirer pour laisser les prosyriens, et Joumblatt, gouverner, à condition que le 14 Mars recueille le tiers de blocage. Mais d'autres pensent que, du moment que la majorité reste la majorité, même avec le retrait, du reste non encore certifié, de Joumblatt, il faut continuer le processus de formation du gouvernement comme si de rien n'était. En recourant, au besoin, à des technocrates qui ont fait leurs preuves.
En tout cas, il y a du fait de Joumblatt confusion dans les rangs des loyalistes. Les prosyriens en font des gorges chaudes et s'en frottent les mains, dans l'espoir d'une dislocation définitive d'un 14 Mars qui, à les en croire, n'est qu'une conjonction d'intérêts.
Si le revirement soudain en a surpris plus d'un, ce n'est certainement pas le président Nabih Berry, estiment les observateurs. Non seulement parce qu'il connaît bien le leader du PSP, mais parce qu'il prédisait, avant juin, que les alignements ne resteraient pas les mêmes après les élections. Qu'il n'y aurait plus un tel clivage marsien. Il subodorait même déjà qu'avec Joumblatt et d'autres, il formerait un regroupement centriste proche du régime. Plus récemment, Nabih Berry a estimé que la mise en place d'un nouveau cabinet sonnerait le glas de la rivalité entre deux camps principaux et donnerait lieu à un tableau politique inédit. Les sources citées se demandent dès lors si le président de la Chambre va donner...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut