Lu est l'un de ces jeunes enfants entraînés à haute dose à l'École de sports Shichahai de Pékin, un pensionnat ayant formé un certain nombre de champions, qui accueille aussi plusieurs équipes nationales.
« Je rêve de devenir un athlète olympique. Je pense qu'il faudra que j'en passe par beaucoup d'entraînement difficile, que j'écoute mon coach et lui obéisse », ajoute-t-il.
Un an après avoir raflé l'or lors des Jeux olympiques de Pékin, la machine à champions du pays fonctionne à plein régime avec en ligne de mire Londres en 2012 et l'espoir d'une nouvelle moisson de médailles.
L'an dernier, les sportifs chinois ont obtenu le meilleur résultat de leur histoire : 51 médailles d'or, 21 d'argent et 28 de bronze, faisant du pays la première puissance olympique, devant les États-Unis (36-38-26) qui les ont toutefois devancés au nombre total de médailles (110-100).
« Dans chaque discipline, nous développons activement des talents en vue des Jeux de Londres », dit le principal de l'école Shichahai Li Guicheng.
« À Londres, il n'est pas certain que le Chine finisse à la première place, mais nous ferons un effort pour y arriver », ajoute-t-il.
Les dividendes semblent cependant déjà là avec la belle récolte des Chinois aux championnats du monde de natation à Rome (11 médailles d'or) et la razzia lors des derniers championnats du monde de tennis de table où ils ont remporté tous les titres.
Shichahai, l'une des centaines d'écoles sportives de ce type en Chine, semble bien vouloir apporter sa propre contribution : chaque salle est occupée par des jeunes gens en pleine activité.
Dans la salle de gymnastique, des enfants de 8 ans s'attaquent ainsi à la barre ou rivalisent de sauts périlleux, rêvant de marcher dans les traces de deux anciens de l'école, le gymnaste Teng Haibin et sa consœur Ma Yanhong, tous deux champions olympiques.
De Shichahai sont aussi issus des champions olympiques de taekwondo et de volley-ball ou la quadruple médaillée d'or de tennis de table Zhang Yining.
Ce type d'écoles étaient autrefois considérées comme de simples usines à former l'élite du sport, pour l'État chinois.
Mais avec la croissance économique, le statut du sport s'est aussi développé, se professionnalisant davantage.
Pour Li, les Jeux olympiques ont aussi marqué un tournant : « Ils ont fait avancer les choses dans bien des domaines, surtout l'économie du sport », dit Li.
Désormais, « les gens voient que les athlètes peuvent rapporter beaucoup de gloire et d'argent, pour eux-mêmes et leurs familles, cela a poussé beaucoup de gens vers le sport », ajoute-t-il.
L'investissement des écoles, entreprises et familles dans les activités sportives soutient le système public et aidera la Chine à faire émerger encore davantage de talents, estime Li.
Une autre manne pour le secteur est la loterie, autorisée depuis 1987 à deux fins seulement : financer des projets sociaux ou des installations sportives. Elle a vendu depuis 15 ans pour quelque 250 milliards de yuans (26 mds euros) de billets.
« Nous allons maintenir notre soutien des athlètes d'élite, pour leur fournir de meilleures installations et conditions d'entraînement », dit la quadruple championne olympique de tennis de table Deng Yaping.
Mais « l'autre voie, c'est que nous avons mis beaucoup d'énergie et d'argent - l'argent de la loterie - dans le sport pour tous, pour doter la communauté d'installations sportives, et donner aux gens des chances égales d'entraînement », souligne la vice-présidente de la Ligue de la jeunesse de Pékin.

