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Diaspora

Un jardin préhistorique au cœur de l’État du Piauí au Brésil

L'origine des premiers habitants du continent américain est l'objet de polémiques chez les archéologues contemporains. Depuis longtemps, il a été considéré que l'homme américain était venu d'Asie par l'isthme de Béring exondé durant les glaciations il y a 14 000 ans. Plusieurs découvertes récentes remettent en cause cette datation, attestant la présence humaine en Amérique du Sud depuis environ 60 000 ans. Ainsi, les vestiges trouvés dans l'État de Piauí, au Brésil, attirent actuellement les touristes nationaux et étrangers, dont de nombreux chercheurs, artistes et étudiants.
L'État de Piauí est situé dans la région nord-est du Brésil, où se trouvent plusieurs sites naturels et archéologiques. Au littoral de l'État, se trouve le delta du Parnaíba, le plus grand delta des Amériques d'environ 2 700 km de long. À l'intérieur de l'État, au Nord, les villes comme Castelo, Pedro II et Buriti sont riches en peintures rupestres préhistoriques ; le Parque Nacional de Sete Cidades (Parc des Septe Villes) est l'une des régions les plus connues au Nord-Est. Situé dans les communes de Piripiri et Piracuruca, ce parc occupe une surface de 6 221 hectares et les Sete Cidades correspondent à sept grandes roches de l'endroit, dont la forme actuelle provient des érosions, et sur lesquelles se trouvent des peintures rupestres impressionnantes. Diverses espèces animales vivent dans ce parc aux nombreuses chutes d'eau. Ce lieu est d'une beauté singulière et garde le mystère de l'humanité à travers les vestiges d'une société préhistorique qui a vécu dans cette région entre les époques paléolithique et néolithique. Les peintures rupestres montrent que des groupes humains ont développé une écriture primitive idéographique, ces idées étant représentées par des scènes ou des objets dessinés.
Plus loin au nord de l'État, dans les communes de Sao Raimundo Nonato, Sao Joao do Piaui et Canto do Butriti, à 550 km de la capitale Teresina, se trouve le Parc national de la Serra de Capivara. De Teresina à Sao Raimundo Nonato, il faut traverser plusieurs villes pour croiser Floriano, la ville la plus connue qui porte le nom de la princesse du Sud. Située sur la rive droite du Parnaíba, le visiteur ne peut que remarquer la grande influence arabe de la colonie syro-libanaise y résidant dès la fin du XIXe siècle, qui se manifeste clairement dans son architecture et sa gastronomie.

Le Parc national de la Serra de Capivara
Le Parc national de la Serra de Capivara a été déclaré patrimoine culturel de l'humanité par l'Unesco en 1991. C'est le plus grand patrimoine préhistorique du Brésil et du monde et il présente des vestiges millénaires qui s'étalent sur une surface de 130 000 hectares, dans un périmètre de 214 kilomètres. Actuellement, il englobe 912 sites archéologiques, parmi lesquels se trouvent 657 sites contenant des peintures rupestres. Ce grand « jardin » présente des chaînes de montagnes coupées par de grands canyons, des montagnes de marbres gris et noirs, des galeries souterraines, des lacs, des sources naturelles, des plaines, des vallées et des paysages avec plusieurs biotypes et écosystèmes, qui donnent une diversité biologique unique à la région. Le relief actuel s'est formé il y a environ 240 millions d'années.
Les parois des cavernes dans ce jardin et les montagnes rocheuses sur les falaises forment un grand « musée bibliothèque » comprenant plus de 30 000 inscriptions préhistoriques gravées qui datent de six à douze mille ans. Elles fournissent un témoignage exceptionnel sur l'une des plus anciennes communautés humaines d'Amérique du Sud. Les peintures rupestres et les excavations prouvent la présence des animaux géants qui ont vécu durant le Pléistocène en Amérique du Sud, tels le glyptodon ou tatou géant, les paresseux géants (5 tonnes), les tigres aux dents de sabres.

Niède Guidon
Tout ce trésor a été découvert grâce aux fouilles de la mission franco-brésilienne, sous la direction de l'archéologue franco-brésilienne Niède Guidon, 72 ans, toujours active dans les fouilles du Parc national de la Serra da Capivara depuis plus de 30 ans et qui lutte pour la préservation de l'un des plus grands trésors préhistoriques de l'humanité. Guidon est une femme déterminée et passionnée, une Indiana Jones des temps modernes qui, dans les années 70, a mis au jour ce qui est devenu l'un des plus grands parcs de peintures rupestres au monde, le Parc national de la Serra da Capivara. Dans les années 80, la datation des fouilles a permis d'aboutir à une véritable surprise, à savoir que l'Amérique était peuplée il y a 25 000 ans, soit 12 000 ans avant la date officielle reconnue par les scientifiques.
De même, l'équipe de Niède a trouvé dans le site de la Toca do Boqueirão da Pedra Furada (Pierre Trouée) un trou de 15 mètres de diamètre dans une paroi rocheuse de plus de 60 mètres de hauteur, l'une des formations géologiques les plus impressionnantes qui est devenue l'image de la carte postale du Parc.
Aujourd'hui, le Parc national da Serra da Capivara est administré par la FUMDHAM - Fondation Musée de l'homme américain, en partenariat avec l'Ibama - Institut brésilien de l'environnement et des ressources naturelles renouvelables. Il constitue une excellente structure pour les visites touristiques, avec des chemins délimités et des guides spécialisés. Dans la ville de São Raimundo Nonato se situe le Musée de l'homme américain, qui présente les pièces archéologiques trouvées dans les fouilles du parc. Des pièces pareilles se trouvent de même dans l'Université fédéral do Vale de São Francisco.
Vu l'importance du Parc national de la Serra da Capivara, le congrès international de peintures rupestres « Global Rock Art » a eu lieu entre le 29 juin et le 3 juillet 2009 à São Raimundo Nonato. Organisé par l'organisation « International Federation of Rock Art » - IFRAO et la Fondation musée de l'homme américain - FUMDHAM, ce congrès s'était déroulé à Lisbonne, au Portugal en 2006. Le gouverneur de l'État de Piauí, Wellington Dias, était présent à la cérémonie d'ouverture, ainsi que le ministre des Sciences et Technologies Sergio Machado Rezende, le maire de São Raimundo Nonato, le révérend père Herculano Negreiro et autres représentants fédéraux, étatiques et d'organisations internationales, ainsi que des archéologues, des écologistes, des chercheurs et des étudiants.
L'archéologue Niède Guidon, directrice présidente de la Fondation musée de l'homme américain a souhaité la bienvenue à plus de 800 participants représentant 50 pays dont le Liban. À cette occasion, le gouverneur Dias a inauguré le nouvel Aéroport international de São Raimundo Nonato.
Cette destination intéressante prouve que le Brésil ne se limite pas aux plages de Rio de Janeiro, au carnaval et au football, car ce pays présente de nombreux sites sublimes à découvrir.
L'origine des premiers habitants du continent américain est l'objet de polémiques chez les archéologues contemporains. Depuis longtemps, il a été considéré que l'homme américain était venu d'Asie par l'isthme de Béring exondé durant les glaciations il y a 14 000 ans. Plusieurs découvertes récentes remettent en cause cette datation, attestant la présence humaine en Amérique du Sud depuis environ 60 000 ans. Ainsi, les vestiges trouvés dans l'État de Piauí, au Brésil, attirent actuellement les touristes nationaux et étrangers, dont de nombreux chercheurs, artistes et étudiants.L'État de Piauí est situé dans la région nord-est du Brésil, où se...