Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, s'est rendu dans la soirée à Majorque tout comme son ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, qui doit superviser l'enquête sur place, a annoncé le gouvernement. Dans une brève déclaration aux journalistes, M. Zapatero a attribué « au groupe terroriste ETA » l'attentat.
De son côté, le roi d'Espagne Juan Carlos a condamné cet attentat au cours d'entretiens téléphoniques avec ces deux responsables, selon la maison royale, tout comme la Commission européenne et la France.
Les deux gardes civils, Carlos Saenz de Tejada Garcia, 28 ans, et Diego Salva Lesaun, 27 ans, ont été tués quasiment sur le coup par l'explosion d'une bombe placée sous leur véhicule officiel, a indiqué à la presse le préfet des Baléares. Cet attentat a été commis à la veille du 50e anniversaire de la fondation de l'ETA par des étudiants nationalistes d'inspiration marxiste-léniniste sous la dictature de Francisco Franco. L'attentat, qui aurait fait aussi des blessés, a eu lieu devant la caserne de la garde civile dans la station balnéaire de Palmanova où se trouvent de nombreux hôtels et locations touristiques. Par ailleurs, une seconde bombe placée sous un véhicule de la garde civile a été neutralisée hier dans la soirée, a annoncé un porte-parole de la garde civile.
Un large périmètre de sécurité de deux kilomètres a été mis en place autour du lieu de l'attentat, a constaté un photographe de l'AFP. L'attentat a eu lieu à une dizaine de kilomètres de Marivent, la résidence d'été de la famille royale espagnole. Mais ni le couple royal ni les princes des Asturies Felipe et Letizia ne se trouvaient sur l'île au moment de l'attentat, selon un porte-parole de la maison royale interrogé par l'AFP.
Cette explosion a eu lieu au lendemain d'un autre attentat à la voiture piégée, attribué par le gouvernement espagnol à l'organisation indépendantiste basque armée ETA, qui a fait 64 blessés légers et visé la caserne de la garde civile de Burgos (Nord) mercredi. L'ETA, tenue avant l'attentat des Baléares pour responsable de la mort de 826 personnes en 41 ans de lutte armée, avertit souvent par téléphone de l'imminence de ses attaques. Mais elle s'abstient en général de le faire quand elle s'en prend aux forces de sécurité qu'elle considère comme des objectifs militaires.
Affaiblie depuis la rupture de sa trêve de 2006-2007 par des coups de filet à répétition des polices espagnole et française, l'ETA avait indiqué fin mai mener une réflexion « pour décider d'une stratégie politico-armée efficace », sans paraître se préparer à renoncer à la violence.

