Abordant la conjoncture présente sur la scène locale, M. Geagea a notamment souligné que « l'accord de Taëf comprend suffisamment de dispositions pour gérer le pays, mais il n'a pas été appliqué ». Il a rappelé sur ce plan que certaines des clauses les plus importantes de l'accord de Taëf sont restées lettre morte, à l'instar de la dissolution de toutes les milices, en sus d'une clause en rapport avec le conflit israélo-arabe, à savoir le retour à la convention d'armistice avec Israël et la nécessité pour l'armée libanaise d'assumer ses responsabilités, l'État libanais devant, dans le même cadre, effectuer toutes les démarches qui s'imposent pour préserver l'intégrité du territoire libanais et restituer les parcelles qui demeurent encore occupées. Et le leader des FL d'ajouter : « La source du différend entre les deux parties (le 14 et le 8 Mars) remonte au fait que nous avons souligné à l'autre partie (le 8 Mars) qu'elle n'appliquait pas l'accord de Taëf, en ce sens qu'ils (les responsables de l'opposition) privilégient les intérêts stratégiques étrangers au détriment des intérêts du Liban et de son peuple. »
Par ailleurs, M. Geagea a assisté au dîner organisé samedi soir en son honneur par la section FL de Jbeil à l'occasion du quatrième anniversaire de sa libération, en juillet 2005, dans le sillage de la révolution du Cèdre. De nombreuses personnalités étaient présentes au dîner, dont notamment l'ancien député Farès Souhaid, coordinateur du secrétariat général du 14 Mars, ainsi que les présidents des conseils municipaux, les moukhtars et les notables de la région de Jbeil.
Dans un discours de circonstance, M. Geagea a d'abord ravivé les souvenirs de la période durant laquelle il était en charge, en tant que responsable FL, de la région des couvents de Mayfouk et de Kattara, et des localités de Kartaba, Akoura, Ehmej et Mechmech, notamment. « Il est vrai que Jbeil est la localité où est né l'alphabet, mais c'est aussi la localité des patriarches (maronites) et nous ne pouvons que rendre hommage à cette occasion à notre patriarche actuel, le cardinal Nasrallah Sfeir », a souligné le leader des FL.
M. Geagea a, par ailleurs, rendu un vibrant hommage au président Michel Sleiman « qui prouve de jour en jour qu'il est un homme d'État ». « La position du président Sleiman lui impose, certes, d'agir de façon différente de la nôtre, a-t-il déclaré. Mais cela ne nous empêche pas de voir en lui un homme d'État qui agit conformément à ses convictions et son devoir. Nous lui souhaitons plein succès en mon nom et au nom des Forces libanaises. »
Abordant ensuite le résultat des dernières élections législatives du 7 juin dernier, M. Geagea a rendu hommage aux militants et partisans FL, soulignant que ces derniers ont mené la bataille électorale du 14 Mars comme ils l'auraient menée s'il s'agissait de la bataille des Forces libanaises. « Les partisans et la base FL ont œuvré pour les candidats du 14 Mars comme s'il s'agissait des candidats des Forces libanaises, a déclaré M. Geagea. Ils avaient en effet conscience du fait que la victoire du 14 Mars serait celle de tout le Liban et celle des Forces libanaises. »
Insistant sur le fait que la coalition du 14 Mars a bel et bien remporté la victoire lors de ce scrutin législatif, M. Geagea a rappelé que ces élections étaient en quelque sorte un référendum sur les grandes options nationales et les projets politiques respectifs défendus par chacune des deux coalitions du 14 et du 8 Mars. « La partie adverse, a-t-il souligné dans ce cadre, tente d'éclipser cette victoire, de court-circuiter le résultat des élections et d'agir comme si les élections n'avaient pas eu lieu au Liban. Mais, en définitive, la réalité est plus forte que tout, et nous avons remporté ces élections. »
M. Geagea a, d'autre part, réitéré que l'accord de Taëf a prévu les dispositions adéquates pour assurer une participation effective de toutes les composantes libanaises au pouvoir et aux prises de décision. « Pourquoi ne parlaient-ils pas de participation lorsque la décision d'enlever des soldats israéliens (en juillet 2006) a été prise, que cet enlèvement soit opportun ou non ? a déclaré le leader des FL. Pourquoi ne parlaient-ils pas de participation lorsqu'ils ont fermé le Parlement pendant un an et demi ? La coalition du 8 Mars part du principe que ce qui est à elle est à elle, et ce qui est aux autres est aussi à elle. Mais arrive un moment dans l'histoire où il faut dire non. Et aujourd'hui, nous disons non à cette logique. »
Le leader des FL a, par ailleurs, critiqué sans le nommer le chef du CPL, Michel Aoun, qui a demandé à être représenté au sein du prochain gouvernement par six ministres. M. Geagea a souligné à ce sujet que lorsque le CPL affirmait qu'il représentait 70 pour cent des chrétiens, il a accepté d'être représenté au sein du gouvernement par cinq ministres dans un cabinet de 30. « Aujourd'hui, il représente dans la meilleure des hypothèses 50 pour cent de l'opinion publique chrétienne, et il demande à être représenté par six ministres, a relevé le leader des FL. Cela dépasse l'entendement. Suivant cette logique, toute partie qui perd devrait accroître sa part (au sien du pouvoir), de sorte que nous craignons d'enregistrer de nouvelles victoires, car si leur représentation tombe, par exemple, à 20 pour cent, ils risquent de réclamer dix ministères », a conclu le leader des FL.

