« Depuis l'accord de Doha et la redynamisation des institutions, les Libanais ont commencé à gérer eux-mêmes leurs affaires ; cela explique le pourquoi de certaines lenteurs dans la clôture de quelques dossiers et le passage à une étape nouvelle. Ces retards sont acceptables tant que cela reste dans une logique décente », a également tenu à dire Michel Sleiman.
Quant au Premier ministre sortant, il a jugé que ce pays en a par-dessus la tête « de ces obstacles auxquels nous avons eu à faire face au cours de la période écoulée », réaffirmant au passage tout son soutien à son successeur désigné, Saad Hariri. « Nous nous devons de ne pas embarrasser le président Hariri et de ne pas le mettre au pied du mur ; la formation d'un gouvernement nécessite de la précaution », a rappelé Fouad Siniora.
Au sein de la majorité aussi, les commentaires se sont multipliés. Ministre sortant du Tourisme, Élie Marouni a réclamé un cabinet de technocrates loin de tout clientélisme, assurant que les Kataëb soutiennent « tout ce dont pourrait bénéficier la scène chrétienne ». Député FL du Batroun, Antoine Zahra a relevé que rien ne prouve que l'on soit désormais dans l'étape des noms. « Le véritable débat, c'est la demande de l'opposition concernant le tiers de blocage, qui prend plusieurs formes, à commencer par la proportionnelle », a-t-il estimé.
Pour leur part, les députés du Courant du futur ont affirmé, à l'instar de Hachem Alameddine, que Saad Hariri œuvre à former un gouvernement « à la mesure de la patrie », tandis que Imad el-Hout, qui s'est entretenu hier avec le président de la Chambre Nabih Berry, assurait que ce qu'il fallait en cette période « délicate », c'est un gouvernement « national qui comprenne toutes les parties ». Quant à Ahmad Karamé, il a demandé à ce que tous facilitent la mission du Premier ministre désigné, réclamant lui aussi un gouvernement d'union et de partenariat « mais sans tiers de blocage ». Un point confirmé par Jamal Jarrah, qui a déclaré que Saad Hariri « insiste » en faveur d'un cabinet d'union dans lequel la minorité « participerait d'une façon efficace et positive, loin de la logique de blocage et de tiraillements au sein du pouvoir ».

