Le constructeur automobile allemand a célébré la semaine dernière (le 16 juillet plus exactement) le centième anniversaire de sa création. Devenue la filiale haut de gamme du groupe Volkswagen, la marque aux quatre anneaux s'est forgé une prestigieuse réputation et, selon les chiffres de ventes mondiales, résiste mieux à la crise que la plupart de ses rivaux.
C'est en juillet 1909 qu'August Horch, un industriel allemand originaire de Moselle et qui vient juste d'être évincé d'une société qu'il avait fondée, donne naissance, à Zwickau (Saxe), à l'entreprise August Horch Automobilwerke Ce fabricant deviendra un peu plus tard Audi Automobilwerke, Audi étant la traduction latine de son nom de famille et signifiant « écoute ».
À ses débuts, ce nouveau constructeur allemand compte se spécialiser dans les voitures de luxe. Pendant la crise de 1929, son usine compte un effectif réduit et sa production se limite à seulement quelques centaines de véhicules par an.
Dans les années 30, le régime nazi décide de restructurer l'industrie automobile allemande et regroupe quatre constructeurs (Audi, DKW, Horch et Wanderer) sous la même entité, baptisée Auto Union et dont le logo représente quatre anneaux. À la veille de la guerre, ses modèles Type D à moteur V12, les « flèches d'argent », s'illustrent notamment sur les circuits en remportant de nombreuses courses.
Ruinée au sortir de la guerre, Auto Union parvient toutefois à renaître de ses cendres. Les chaînes de montage de Zwickau étant détruites, le fabricant se concentre à Ingolstadt, en Bavière, là où se trouvait déjà l'usine de DKW. À la fin des années 50, le constructeur tombe dans l'escarcelle de Daimler puis dans celle de Volkswagen en 1964. Le groupe de Wolfsburg ressuscite alors le nom Audi et lui confie la tâche de produire des modèles un peu plus haut de gamme que les siens, à l'image des Audi 80 et Audi 100.
Durant les deux dernières décennies du XXe siècle, Audi multiplie les innovations techniques, illustrées notamment par le coupé sport Quattro à transmission intégrale, et surprend par un design avant-gardiste, mêlant luxe, tradition et sportivité.
Aujourd'hui, le centenaire aux quatre anneaux se porte bien. Le groupe d'Ingolstadt (57 000 salariés) a vendu plus d'un million de véhicules en 2008, treizième record consécutif, et affiché pour l'exercice un profit net de 2,2 milliards d'euros (+30 %), assorti d'un trésor de guerre supérieur à 9 milliards d'euros. Prudent, l'état-major allemand pronostique néanmoins une année 2009 « clairement plus difficile » tout en assurant que le groupe maintient ses objectifs de croissance, qu'il continuera à recruter et ne fera aucune économie sur le développement produit : la marque prévoit de proposer 42 modèles en 2015 (contre une trentaine aujourd'hui) et annonce quantité de versions hybrides dès 2010.
C'est donc un centenaire en pleine forme qui a été fêté la semaine dernière à Ingolstadt, mais également chez Kettaneh, l'agent d'Audi au Liban. Pour l'occasion, les nombreux invités ont fait un retour dans le passé et savouré quelques anciens beaux spécimens de la marque (RS2, Audi 100), ainsi que les derniers bijoux tels que la R8 et la très bestiale RS6...
Guy S.


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