Un long processus
Ramzi Jalbout, ou comment devenir un jeune entrepreneur en plusieurs étapes : d'abord le parcours académique classique, des études en management à la LAU ; des diplômes, un BA puis un MBA ; un stage de trois mois à la Banque Audi ; un emploi dans le département d'achats de l'hôpital Saint-Georges durant trois ans, avant de devenir directeur des achats pour hôpitaux dans une société privée. Une participation et une victoire à l'émission télévisée Dragon's Den à la Future TV avec, à la clef, un deuxième prix pour l'originalité de son concept. Puis de l'imagination, du flair. De l'ambition, de la perspicacité et un travail de fourmi pour trouver les moyens et le financement nécessaire à la réussite du projet. Ramzi Jalbout commence par créer sa propre société, Fresh Natural Products, enregistre son idée et trouve en Ghazi Homsi l'associé idéal.
Détenteur d'un MBA et d'un CFA, il fut également professeur assistant à la LAU. « Cet homme m'a enseigné et énormément aidé durant mes années universitaires. Bien que de caractères différents, nous sommes très complémentaires », avoue Ramzi. Il travaille sur le terrain, accumule les questionnaires, sonde le marché, analyse les réponses et les attentes. Propose des combinaisons, des saveurs, détermine sa cible, dessine le packaging. Lorsque son idée prend un nom, « Krock's, parce que ça sonne juste ! », et une forme précise, 70 grammes de labné frais et 8 bâtonnets de « kaaks », il envisage toutes les déclinaisons possibles : light, avec olives vertes, halloum, thym, menthe ou encore ail. Kaak brun, gluten free, ou traditionnel, présentés dans des boîtes en carton de couleurs différentes.
Deuxième étape : trouver le local. « Avec les conseils d'un ingénieur agricole, nous l'avons aménagé le plus proche possible des normes ISO. Puis, et c'était sans doute le point le plus difficile et le plus long, j'ai dû moi-même inventer une machine, car celle que nous avaient proposé les Allemands valait... 138 000 euros. Soit 80 % de plus que le coût local. » La machine, entièrement automatique, faite sur mesure, peut produire jusqu'à 2 500 boîtes en huit heures. « Rien n'aurait été possible sans les conseils de Bader, l'aide de Kafalat et « le parrain du produit, Fouad Abi-Aad. »
Support moral et matériel
Bader, qui se charge de soutenir et de diriger les jeunes entrepreneurs et les petites et moyennes entreprises, dans les domaines agricole, touristique, artisanal, technologique et industriel, a fortement contribué à la mise en place du projet. « Bader, Nada Melki, Naji Rizk et Antoine Abou Samra, directeur du programme des jeunes entrepreneurs en particulier, m'ont inculqué une façon de réfléchir, de développer la faisabilité du produit, d'élargir le spectre de ma réflexion. Ils m'ont donné un « know how » et une crédibilité nécessaire pour convaincre Kafalat, dans le cadre de leur programme « Innovations », et la Bank of Kuweit and the Arab World de financer toute l'affaire.
« Avoir des idées sans en avoir les moyens ne sert à rien. » Ramzi Jalbout a bien défendu sa cause. En surplus de ses arguments et d'un plan bien étudié, il a eu la chance de réunir tous les ingrédients nécessaires pour que la sauce prenne ! « Je pense avoir résolu tous les problèmes, ou presque. Reste un seul détail, la réaction des gens, car le produit est nouveau. » Les premiers goûteurs ont été satisfaits. Le Canada et les pays arabes sont intéressés à acheter la franchise. « Je sais que nous risquons d'être copiés, mais la machine est difficile et longue à concevoir », conclut le jeune entrepreneur au lendemain d'un baptême professionnel qui, souhaitons-le, ira loin.


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