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Législatives : juin 2009 - Pour aller plus loin

Gouvernement à petit feu, au rythme du tempo régional

À la troisième semaine de la désignation du chef du Courant du futur Saad Hariri pour former le gouvernement, aucun élément n'indique que sa mission sera accomplie au cours des prochains jours.
Le président de la Chambre Nabih Berry s'empresse pourtant de rassurer la population en affirmant que les tractations ne sont pas dans l'impasse et que la naissance du gouvernement est encore dans le délai de grâce. Officiellement aussi, tous les protagonistes affichent un certain optimisme et l'atmosphère n'est nullement à la polémique. Mais, en dépit - ou à cause - de ce climat positif, les Libanais se posent une seule question : puisque tout le monde est si bien disposé, pourquoi le gouvernement n'est-il pas formé ?
La réalité est un peu plus complexe, car la formation du gouvernement se situe à un double niveau. Elle est liée à la situation régionale et elle a sa propre dynamique interne.
Sur le plan régional, les contacts syro-saoudiens se sont actuellement ralentis, mais selon des sources de l'opposition qui suivent ce dossier, ils ne sont nullement arrêtés. La décision du roi Abdallah de rétablir ses relations avec la Syrie est stratégique et elle ne peut pas être remise en question à chaque nouveau développement. Toutefois, le roi Abdallah doit tenir compte d'autres facteurs, notamment l'opposition de l'Égypte, qui, selon les mêmes sources, aurait fait savoir au dirigeant wahhabite qu'elle a pris position contre la Syrie à sa propre demande. Par conséquent, ce dernier ne doit pas la laisser en chemin et faire cavalier seul. Or le contentieux entre Damas et Le Caire est encore grand et porte essentiellement sur le dossier palestinien, l'Égypte souhaitant que la Syrie renonce à la carte du Hamas et la Syrie posant ses propres conditions sur le sujet. Sans oublier le contentieux avec les États-Unis qui, tout en prenant lentement mais sûrement le chemin du dialogue, reste tributaire de nombreux facteurs. Aux délégations américaines venues récemment à Damas, le président syrien aurait déclaré : « La Syrie ne peut pas établir un dialogue sérieux tant qu'il n'y a pas d'ambassadeur américain à Damas et les questions importantes se discutent au niveau du sommet. » Il a ensuite lancé son invitation au président Barack Obama, qui semble vouloir y répondre positivement au cours des prochains mois. Les sources de l'opposition qui suivent ce dossier affirment que cette démarche aura pour effet d'accélérer le processus de réconciliations interarabes. Il serait en effet impensable que Barack Obama arrive à Damas avant le roi Abdallah ou le président Moubarak. Elle a, en tout cas, déjà eu pour effet de pousser Riyad à nommer un ambassadeur en Syrie et d'autres développements ne devraient plus tarder à suivre ce mouvement.
Mais sur le plan libanais, les mêmes sources de l'opposition affirment que la Syrie ne peut pas imposer à l'opposition la renonciation au tiers de blocage. À partir du moment où la communauté arabe et internationale et une grande partie des courants internes ont affirmé leur appui à un gouvernement d'union nationale, c'est désormais aux parties libanaises de trouver un compromis entre elles. Or l'opposition, à travers toutes ses composantes, a annoncé qu'elle exige une participation effective au gouvernement. Selon des sources bien informées, toute la marge de manœuvre est dans cette nuance. La formule du « ministre roi », une personnalité choisie par le président et acceptée par l'opposition, est en train de faire son chemin et plusieurs noms circulent déjà à ce sujet. On a ainsi parlé du directeur général de la Sûreté générale Wafic Jezzini, de l'ancien président de la Chambre Hussein Husseini et même de l'ancien ministre Wadih el-Khazen. Concernant le général Aoun qui veut sept ministres chrétiens au sein du gouvernement conformément à sa représentativité au Parlement, des sources proches du Courant du futur laissent entendre que le Premier ministre désigné étudierait la possibilité de lui donner trois sur cinq portefeuilles importants, à la place des 7 maroquins réclamés. Bref, les négociations s'intensifient et des solutions de compromis peuvent être trouvées... Mais elles attendent, pour voir le jour, le tempo régional, qui, lui, prend son temps.
Le président de la Chambre Nabih Berry s'empresse pourtant de rassurer la population en affirmant que les tractations ne sont pas dans l'impasse et que la naissance du gouvernement est encore dans le délai de grâce. Officiellement aussi, tous les protagonistes affichent un certain optimisme et l'atmosphère n'est nullement à la polémique. Mais, en dépit - ou à cause - de ce climat positif, les Libanais se posent une seule question : puisque tout le monde est si bien disposé, pourquoi le gouvernement n'est-il pas formé ?La réalité est un peu plus complexe, car la formation du gouvernement se situe à un double niveau. Elle est liée à la situation régionale et elle a sa propre dynamique interne. Sur le plan...