L'ancien chef de l'État a confirmé que le Liban connaît une véritable « crise de régime, comme le prouvent le retard dans la formation du gouvernement et les nombreuses complications qui surgissent quotidiennement dans ce domaine ».
Selon Gemayel, « l'opposition semble préparer la voie à des amendements radicaux du régime politique libanais. En réclamant une représentation proportionnelle à son importance dans la Chambre ou le tiers de blocage, l'opposition passe outre à la démocratie libanaise telle qu'on la connaît et pousse vers l'instauration et à la consécration d'un régime confédéral de communautés ».
Et de rappeler qu'en assurant la reconduction à son poste du président de la Chambre, Nabih Berry, la majorité a déjà donné « une garantie » à l'opposition, et « la preuve de sa sincère volonté de coopération et de partenariat ».
Relations bilatérales
Sur un autre plan, Gemayel a longuement passé en revue, avec son hôte, la question des Libanais détenus ou disparus en Syrie, précisant que Franceco Santos avait été enlevé par la guérilla, dans son pays, et que cette épreuve lui est familière.
« Nous espérons que l'établissement de relations saines avec la Syrie nous permettra de régler ce dossier rapidement et sérieusement, afin de déterminer de façon plus claire et crédible le sort final de ces personnes disparues », a-t-il dit.
« Je connais très bien, pour l'avoir vécu, ce sentiment de se réveiller tous les matins sachant que les membres de votre famille ne savent pas si vous êtes mort ou vivant », a affirmé pour sa part le responsable colombien.
Pour sa part, le député Samer Saadé a estimé hier que si l'opposition s'obstine à demander le tiers de blocage et à mettre des bâtons dans les roues du gouvernement, la majorité devrait former un gouvernement tel qu'elle l'entend, « un gouvernement qui soit en mesure de mettre en œuvre, sans obstacles, son programme de gouvernement ».

