Le candidat conservateur, arrivé troisième, avait intenté des recours contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, avant d'annuler ses plaintes. Les deux autres candidats battus, le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi et le réformateur Mehdi Karoubi, continuent pour leur part à demander l'annulation du scrutin du 12 juin, entaché selon eux de fraudes.
« Ce dont nous avons le plus besoin c'est d'une unité (...) basée sur la justice, la liberté, la démocratie, l'islam et la révolution », a ajouté M. Rezaï. « Ceux qui ont commis des erreurs lors des récents événements doivent les compenser et ceux qui ont subi des dommages doivent pardonner (...). Je pense que Mir Hossein Moussavi, Mehdi Karoubi et (le président Mahmoud) Ahmadinejad, ainsi que les acteurs politiques, n'ont pas d'autres choix que de s'asseoir à la même table pour défendre les intérêts nationaux », a-t-il poursuivi.
Des centaines de milliers d'Iraniens étaient descendus dans les rues pour protester contre la réélection de M. Ahmadinejad et les affrontements en marge des manifestations ont fait au moins 20 morts. La victoire du président sortant a été confirmée par les autorités le 29 juin.
Le grand ayatollah dissident Hossein Ali Montazeri a aussi lancé un avertissement au pouvoir, estimant qu'un régime utilisant « les bâtons et l'oppression à l'encontre des droits (de son peuple), le meurtre, les arrestations et les tortures médiévales ou datant de la période stalinienne » était « méprisable » et n'avait « pas de mérite religieux ». Le religieux, successeur désigné de l'ayatollah Khomeyni avant de tomber en disgrâce, a averti le régime qu'il pourrait subir le même sort que celui du chah, renversé par la révolution islamique en 1979. Sur le site Internet libéral
www.khandanha.eu, il écrit notamment que « l'État appartient au peuple. Il n'est ni ma propriété ni la vôtre. Quand le chah a entendu la voix du peuple, il était déjà trop tard. Nous devons espérer que le pouvoir en place ne subira pas la même chose, mais sera le plus vite possible plus sensible aux réclamations de la nation ». Le grand ayatollah, qui conserve de nombreux fidèles, a également souligné le droit du peuple à renverser ceux restés au pouvoir grâce à « la force, la fraude ou les irrégularités ».


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