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Moyen Orient et Monde - Reportage

Les chrétiens irakiens à nouveau la cible d’extrémistes

Sécurité renforcée dans deux villes chrétiennes du nord de l'Irak.

Assis derrière son bureau, sous une photo qui le montre en compagnie du pape Benoît XVI, l'évêque auxiliaire Chlemon Warduni est toujours sous le choc après la série d'attentats à Bagdad dimanche, qui a tué quatre de ses paroissiens. « Nous vivons un moment très difficile, un moment terrible », soupire l'évêque auxiliaire. « C'est comme une guerre », ajoute le religieux, avant de se reprendre : « C'est pire qu'une guerre car au moins dans une guerre, vous savez qui vous affrontez. Ici, on ne sait pas. » « Pourquoi ? Pourquoi ? C'est toujours ce que nous demandons. » M. Warduni n'a qu'un message à transmettre aux assaillants de la communauté chrétienne, visée régulièrement depuis l'invasion américaine en Irak en 2003 : « Je leur dirai juste, s'il vous plaît, aimez Dieu, aimez l'humanité et votre pays. »
Au moins quatre personnes ont été tuées et 32 blessées dans une série de six attentats visant des églises dimanche soir à Bagdad. Les quatre personnes tuées se trouvaient à l'extérieur de la paroisse de Mgr Warduni, l'église Notre-Dame du Sacré-Cœur, dans l'est de Bagdad. Hier, la police imposait un cordon de sécurité autour de l'église empêchant tout étranger de s'approcher.
Dans le nord de l'Irak, à Mossoul et Kirkouk, la communauté chrétienne a également été visée. Trois enfants ont été blessés dans une attaque à la voiture piégée près d'une église hier. À Kirkouk, dimanche, le chef du département d'audit financier de la province, Aziz Rizko Missane, un chrétien de la ville, a été tué par des hommes armés. Il n'est toutefois pas clair si le fonctionnaire a été tué en raison de sa confession ou de son travail sensible.
Hier, d'importantes mesures de sécurité ont été mises en place dans deux autres villes chrétiennes du nord de l'Irak après des informations sur de possibles attentats contre cette communauté, selon une source de sécurité. Des barrages ont été établis aux entrées des villes de Hamdaniyah (30 km à l'est de Mossoul) et Talkif (10 km au nord de Mossoul) et « nous empêchons les entrées et sorties des voitures et des personnes », a affirmé cette source.
Selon des dirigeants chrétiens, sur les 800 000 chrétiens qui vivaient en Irak avant l'invasion de 2003, 250 000 ont quitté le pays. En mai, lors d'un pèlerinage en terre sainte, le pape Benoît XVI avait eu une large pensée pour les chrétiens d'Irak, plaidant pour la reconnaissance de leurs « droits fondamentaux à une coexistence pacifique ».
Assis derrière son bureau, sous une photo qui le montre en compagnie du pape Benoît XVI, l'évêque auxiliaire Chlemon Warduni est toujours sous le choc après la série d'attentats à Bagdad dimanche, qui a tué quatre de ses paroissiens. « Nous vivons un moment très difficile, un moment terrible », soupire l'évêque auxiliaire. « C'est comme une guerre », ajoute le religieux, avant de se reprendre : « C'est pire qu'une guerre car au moins dans une guerre, vous savez qui vous affrontez. Ici, on ne sait pas. » « Pourquoi ? Pourquoi ? C'est toujours ce que nous demandons. » M. Warduni n'a qu'un message à transmettre aux assaillants de la communauté...
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