Interrogé sur la suite qu'il entendait donner à cette invitation, le président américain a répondu à la chaîne britannique : « Vous savez, je pense que nous avons commencé à voir quelques contacts diplomatiques entre les États-Unis et la Syrie. » Cependant, « il y a des aspects dans le comportement des Syriens qui nous préoccupent et, vous savez, nous pensons qu'il y a moyen que la Syrie joue un rôle beaucoup plus constructif dans toute une série de ces problèmes », a poursuivi le président, sans donner de détails. « Mais, vous savez, je suis un partisan de la discussion, et mon espoir est de continuer à assister à des progrès sur ce plan-là », a relevé M. Obama dans cet entretien enregistré au Ghana, où il effectuait sa première visite en Afrique noire depuis son élection.
En réaction aux déclarations de Barack Obama, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem a affirmé que son pays se réjouira d'une éventuelle visite du président américain à Damas. « Le dialogue entre les dirigeants (syrien et américain) contribuera à la sécurité et à la stabilité de la région », a déclaré M. Moallem au cours d'une conférence de presse conjointe avec son homologue français Bernard Kouchner. « Si les déclarations produites par la télévision Sky News sont exactes, ce sera encourageant. Cela représenterait (...) un changement de la politique de l'administration américaine », a-t-il ajouté.
Selon une source diplomatique interrogée par le quotidien israélien Haaretz, Washington estime qu'inclure Damas dans le processus de paix est la clé pour arriver à la réconciliation interpalestinienne, sans laquelle les chances de progrès dans les relations entre Israël et les Palestiniens sont faibles.
Une éventuelle visite d'Obama en Syrie s'inscrirait dans un contexte où les relations entre les États-Unis et la Syrie commencent à s'améliorer. Les États-Unis ont annoncé le 24 juin l'envoi d'un nouvel ambassadeur en Syrie après quatre ans d'absence. La précédente administration de George W. Bush avait rappelé l'ambassadeur américain à Damas après l'assassinat de Rafic Hariri en 2005, pour lequel le régime syrien avait été pointé du doigt. L'ambassade est depuis restée ouverte, dirigée par un chargé d'affaires. La Syrie était décrite par M. Bush comme un « État voyou », mais Barack Obama voit en elle une des clés de la paix au Proche-Orient.
L'émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, s'est rendu le 14 juin à Damas pour y rencontrer Bachar el-Assad. Il a qualifié ses entretiens de « sérieux et productifs », rappelant que « l'objectif du président (Obama) a toujours été, depuis le début, une paix globale dans la région ».

