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Culture - Concert

Au gré des notes bleues du… flamenco de Fran Molina

« En Espagne, on dit que flamenco et jazz sont cousins », affirme Fran Molina, guitariste leader du quartette portant son nom, qui a donné au palais de l'Unesco, à Beyrouth, un concert de flamenco-jazz. Aux notes étonnamment suaves et aériennes...
Une soirée présentée par l'ambassade d'Espagne, dont le service culturel propose au public libanais, en collaboration avec l'institut Cervantès, des activités illustrant «l'essence de la culture espagnole», a indiqué l'ambassadeur Juan Carlos Gafo en ouverture du concert. « On ne peut réduire la culture musicale ibérique au flamenco, mais il est certain qu'il en est l'une des manifestations les plus connues à l'étranger. Il est vrai d'ailleurs que l'on ne peut pas bien connaître l'Espagne sans comprendre l'esprit de cette musique, appréciée partout dans le monde pour son intensité et sa force expressive », a-t-il signalé, rappelant, également, les influences indiennes, iraniennes, phéniciennes et, bien sûr, orientales qui ont présidé à la formation de ce « cante» aux couleurs de l'âme.
Issu d'un long processus de métissage, le flamenco reste - au grand dam des puristes! - ouvert à toutes sortes d'apports extérieurs pouvant l'enrichir, le colorer, le moderniser, avec subtilité et harmonie bien entendu.
C'est dans cet esprit de musiques du monde, qui dialoguent et conversent, que se situe le flamenco-jazz du quartette de Fran Molina. Car le flamenco, comme le jazz, accorde une part essentielle à l'improvisation. Laquelle a dominé cette rencontre entre la fougue - assez atténuée cependant - du flamenco et la liberté du jazz servie par Fran Molina à la guitare, Alejandro Ollero à la basse et Daniel Parra aux percussions. Sans oublier Carmen Cervantès, la «bailaora», qui, elle, a joué de toutes ses cordes corporelles pour accompagner à la fois visuellement, dans une danse épurée et majestueuse, et en sonorités - celles des castagnettes, des «zapateados» et autres martèlements de talons, sans oublier les spécifiques frappes de paumes -, la fusion des rythmes gitans (buleria, tango andalou, siguiriya ou encore rumba...) et des notes bleues. Celles, notamment, de quelques standards du jazz, à l'instar de Shake Hands, de Beautiful Love de Bill Evans ou encore d'Autumn Leaves (Les feuilles mortes de Joseph Kosma), un air célèbre inscrit en tête de liste des
« versions jazzifiées ».
Très éloignée des clichés d'un flamenco âpre, passionnel et tendu, la performance du Fran Molina Quartet a fait plus dans le fluide, le suave, l'aérien...À l'exception d'un «jorpo» vif, aux rythmes plutôt afros qui ont donné la part belle aux percussions.
Si les traditionalistes n'ont pas reconnu « leur » flamenco dans ce concert, les novateurs, eux, par contre, ont largement applaudi ce nouveau visage, original, contemporain, plus en douceur et légèreté de la musique gitano-andalouse. Nourrie de notes bleues...
Une soirée présentée par l'ambassade d'Espagne, dont le service culturel propose au public libanais, en collaboration avec l'institut Cervantès, des activités illustrant «l'essence de la culture espagnole», a indiqué l'ambassadeur Juan Carlos Gafo en ouverture du concert. « On ne peut réduire la culture musicale ibérique au flamenco, mais il est certain qu'il en est l'une des manifestations les plus connues à l'étranger. Il est vrai d'ailleurs que l'on ne peut pas bien connaître l'Espagne sans comprendre l'esprit de cette musique, appréciée partout dans le monde pour son intensité et sa force expressive », a-t-il signalé, rappelant, également, les influences indiennes, iraniennes, phéniciennes et,...
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