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Mode - Haute Couture

Démarrage des défilés pour l’hiver 2009/2010

Chanel, Dior, Gaultier, Givenchy, Valentino... et Christian Lacroix. La maison de couture, à l'avenir incertain depuis son placement en redressement judiciaire, figure bien à l'affiche des défilés de haute couture qui ont débuté lundi 6 juillet, espérant qu'il ne s'agira pas du dernier.
Pour la collection automne-hiver 2009-2010 de la maison Lacroix, griffe emblématique de la couture française, le nombre de modèles présentés sera cependant réduit de moitié.
Fini également les défilés de plus de 900 personnes. Seuls quelque 280 invités seront réunis dans une salle des Arts déco, mise à disposition par le musée, pour applaudir la collection.
Créée il y a 22 ans par le couturier arlésien avec le soutien du numéro un mondial du luxe LVMH, puis vendue en 2005 au groupe américain Falic spécialisé dans le duty-free, la griffe, victime de la crise financière et de problèmes de gestion, s'est déclarée en cessation de paiement fin mai.
Placée peu après en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois, l'entreprise (125 salariés) a enregistré l'an dernier 10 millions d'euros de pertes pour un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros.
Habitué des défilés spectaculaires, Christian Dior a reçu cette fois-ci dans ses salons de l'avenue Montaigne, comme les maisons de couture autrefois. Les deux défilés organisés lundi devaient accueillir au total sensiblement le même nombre d'invités que la saison précédente, selon la griffe.
La maison s'est refusée à tout commentaire sur les raisons de cette décision.
Pour le président de la Fédération de la couture, Didier Grumbach, ce repli n'est pas forcément dicté par des considérations budgétaires. Dans le contexte actuel de crise économique qui touche également le luxe, « faire des défilés immenses, des spectacles » serait « mal reçu », a-t-il déclaré à l'AFP. Défiler chez soi « est aussi une façon de regarder la couture. Il y a des collections qui se prêtent au spectacle et d'autres qu'il faut regarder de près », a-t-il ajouté.
Chanel a renoué au contraire avec le Grand Palais, après un intermède en janvier dernier dans une salle plus petite près de son siège historique, rue Cambon (Ie). Son directeur artistique, Karl Lagerfeld, a troqué la matinée pour un horaire nocturne (21h00) plus adapté à la scénographie et au décor prévus, selon une porte-parole.
De Stéphane Rolland à Alexandre Matthieu, place à la légèreté
Après Dior, l'allure était plus sage chez Stéphane Rolland en robes tuniques ou robes longues dans des tonalités douces de noir, blanc, gris perle, beige, ocre. Elles s'ornent de dessins géométriques en relief ou d'applications en cachemire qui dessinent comme des mosaïques.
Le styliste dit s'être inspiré du « travail sur les courbes, le mouvement et la distorsion » du sculpteur Richard Serra et de celui de l'architecte et décorateur Karim Rashid.
Alexis Mabille, qui présentait une collection pour le printemps-été 2010, a charmé avec un vestiaire pour jeunes filles graciles en robes rose dragée ou bleu pâle, un long ruban noir dans les cheveux. Transparence, broderie anglaise, guipure et Chantilly, plumes d'autruche, fine robe formée de deux carrés de tissus assemblés, robe caftan à poches tablier : la légèreté est à l'ordre du jour.

Armani, Givenchy et Gustavo Lins
Loin de chez Christian Lacroix, chez Giorgio Armanin, au contraire, l'heure était à la fête, avec une collection glamourissime, dans une débauche de strass, de paillettes, de lamés or et argent.
Les stars d'Hollywood et d'ailleurs piocheront avec bonheur dans ce vestiaire aux lignes sobres mais conçu pour briller. Quand le tissu est discret, comme la grisaille de laine ou le velours noir, très présent, de gros colliers de boules argentées ou des zips bijoux assurent l'éclat.
Les vestes en velours noir se parent de cristaux, les chemises ont des boutons bijoux, les débardeurs en résille de soie sont brodés de strass.
À la fin du long défilé (55 modèles), applaudi notamment par les actrices Isabelle Huppert, Kate Blanchett, Claudia Cardinale, Vahina Gioccante et Emanuelle Béart, des disques de lumière ont dansé sur les rideaux clairs du décor, comme des bulles de champagne pétillant dans une coupe.
Chez Givenchy, l'or qui brille en accumulation de colliers, en masque de mosaïque sur le visage, en cabochons pointus sur une robe longue blanche évoque plutôt l'Afrique du Nord ou le Moyen-Orient.
Dans une collection riche en pierreries, Riccardo Tisci a dessiné des sarouels en velours qui s'accompagnent de bodys dont la capuche en mousseline de soie noire nimbe les visages. D'autres sarouels sont plus fastueux, avec leurs broderies de jais ou de paillettes en métal noir et or.
Les cristaux adoptent aussi des couleurs plus inattendues, comme rose, vert ou orange fluo, se mêlant à des cônes en métal sur de longues robes rose poudre.
De son côté, le Brésilien Gustavo Lins a livré une collection épurée et sereine, dans la continuité de ses précédentes collections. « C'est la synthèse de tout ce que j'ai fait depuis le début », à partir des kimonos, des vestiaires d'hommes et de la porcelaine, dit-il.
Il décale les trenchs, les vestes ou les chemises avec un col ou une manche de kimono et crée des robes fluides à la construction sophistiquée, portées avec des colliers en crin et porcelaine.
Comme chez Alexandre Matthieu (du duo Alexandre Morgado et Matthieu Bureau), qui défilait pour la première fois en haute couture. Les robes courtes, dévoilant généreusement les jambes, brodées de volutes de perles, d'étoiles, d'arabesques noires, les micro-boléros et petites capes, les rosaces de tulle, les coloris pastel, les plumes d'autruche composent un vestiaire poétique. Les jeunes filles qui les portent « sont comme de petits oiseaux de nuit qui vont de soirée en soirée pour s'amuser », expliquent les créateurs.
Aucun grand nom ne manque à l'appel : Givenchy et Armani ont défilé mardi, Jean Paul Gaultier et Valentino mercredi.
Près d'une dizaine de maisons « invitées » confrontent à nouveau leur vision de l'hiver à celle des griffes plus connues, notamment Alexis Mabille, Gustavo Lins, la maison Lefranc-Ferrant.
Deux maisons, Rabih Kayrouz et Alexandre Matthieu, font leur entrée au calendrier.
Le Libanais Rabih Kayrouz, ancien élève de l'école de la Chambre syndicale de la couture parisienne, a fait ses classes notamment chez Dior et Chanel. Établi à Beyrouth, il vient d'ouvrir un showroom à Paris où il présentera sa collection.
La griffe française Alexandre Matthieu a été créée il y a près de dix ans par Alexandre Morgado et Matthieu Bureau, qui se sont rencontrés pendant leurs études de stylisme à Paris.
Comme la saison précédente, plusieurs petites maisons passent leur tour. « On n'insiste pas pendant la crise » pour qu'elles défilent, souligne M. Grumbach.
En marge du programme officiel, une quinzaine de créateurs ont présenté leur travail, parmi lesquels les Français Julien Fournié et Eymeric François, et les Libanais Georges Chakra et Georges Hobeika.
Du côté des Libanais, plus présents que jamais et en nombre croissant aux défilés parisiens, Georges Chakra a été le premier à présenter sa collection le 6 juillet dans les salons de l'hôtel Georges V. Un défilé tout en fraîcheur et en illusions d'optique, inspiré d'Alice au pays des merveilles, où les motifs floraux rivalisaient avec les sujets graphiques, avec un spectaculaire jeu de volumes.
Georges Hobeika, pour sa part, s'est laissé aller au glamour hollywoodien, l'influence américaine dominant ses collections depuis qu'il a lancé sa ligne de prêt-à-porter à New York. Il a présenté à Paris un défilé tout en dentelle et en fourreaux de soie.
L'histoire de Basile Soda est celle d'une ascension à la fois discrète et rapide. Remarqué pour ses plissés dans le plus pur style origami, il affectionne une atmosphère néogothique qu'exaltent ses complications techniques. Un talent remarqué.
Rabih Kayrouz, quant à lui, à peine ouverte sa boutique parisienne dans les locaux du théâtre du Petit Babylone qu'il a réhabilités dans le respect de la vocation du lieu, le voilà élu « membre invité » à la Chambre syndicale de la haute couture parisienne. Un retour aux sources, puisque c'est à l'École de la Chambre syndicale que Kayrouz a reçu sa formation, avant de parfaire son apprentissage chez Dior, alors dirigé par Gianfranco Ferre, puis chez Chanel, avant de revenir au Liban.
La collection qu'il a présentée dans ses locaux parisiens est tout à fait fidèle à l'identité que Kayrouz a donnée à sa griffe : simplicité apparente, aspect faussement inachevé et légèreté avant toute chose. Les robes de Kayrouz sont des bulles, des fruits mûrs, des voiles offertes à tous les vents.
Pour la collection automne-hiver 2009-2010 de la maison Lacroix, griffe emblématique de la couture française, le nombre de modèles présentés sera cependant réduit de moitié. Fini également les défilés de plus de 900 personnes. Seuls quelque 280 invités seront réunis dans une salle des Arts déco, mise à disposition par le musée, pour applaudir la collection.Créée il y a 22 ans par le couturier arlésien avec le soutien du numéro un mondial du luxe LVMH, puis vendue en 2005 au groupe américain Falic spécialisé dans le duty-free, la griffe, victime de la crise financière et de problèmes de gestion, s'est déclarée en cessation de paiement fin mai.Placée peu...
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