Le patriarche Sfeir a donc reçu dans la matinée M. Nader Hariri, chef du bureau du Premier ministre désigné, qui a déclaré à la presse, à sa sortie de Bkerké, avoir informé son hôte du processus en cours pour former le gouvernement. Il s'est contenté d'indiquer que celui-ci se déroule « lentement, loin des interventions étrangères et conformément aux consultations engagées avec toutes les parties politiques et économiques, ainsi qu'avec les représentants de la partie civile ». « Tout cela a pour seul but de permettre la formation d'un gouvernement capable de remettre le pays sur pied et de le tirer de la situation dans laquelle il se trouve », a-t-il ajouté, avant de mettre l'accent sur le maintien des contacts entre Koraytem et Bkerké.
Après son entretien avec l'émissaire du Premier ministre désigné, Mgr Sfeir a reçu le président de l'association des diplômés de Harvard, Habib Zoghbi, ainsi que M. Antoine Saad. Il s'est ensuite rendu à Dimane, siège d'été du patriarcat maronite.
Réactions
Dans les rangs de la majorité, on souligne la détermination de M. Hariri à former un gouvernement d'union nationale. Le député Ahmad Fatfat a ainsi mis l'accent sur ce point, affirmant cependant qu'une telle entreprise prend du temps, dans la mesure où il faut aplanir les obstacles qui entravent le processus de formation. Selon lui, la configuration du prochain gouvernement « devra correspondre aux résultats des législatives, en ce sens que la majorité des portefeuilles ministériels doit être confiée au 14 Mars ».
M. Fatfat a par ailleurs exclu une visite de M. Saad Hariri à Damas avant la mise en place du cabinet. « Une fois le gouvernement formé, ce sera une autre paire de manches, parce que le chef du gouvernement devra assumer une responsabilité gouvernementale. Si une telle visite s'avère nécessaire au niveau national, il n'hésitera pas à l'effectuer », a estimé le député.
L'ancien ministre Khaled Kabbani a également souligné le souci de M. Hariri de former un gouvernement « homogène et dont les membres seront solidaires les uns des autres ». Il a rejeté les analyses faisant état d'un retard dans la constitution de l'équipe ministérielle, soulignant que le Premier ministre désigné est soucieux de se concerter avec toutes les parties.
Le député Antoine Zahra a pour sa part insisté sur l'intensité des efforts déployés par M. Hariri pour former son équipe et rejeté l'idée d'une minorité de blocage. « Il revient à l'opposition soit d'accepter la proposition d'association qui lui est offerte, soit d'observer le processus politique du gouvernement et l'accumulation d'éventuelles erreurs pour les exploiter aux prochaines élections », a-t-il dit.
M. Zahra a indiqué que personne ne s'oppose à une visite du Premier ministre en Syrie, à condition que celle-ci ait lieu après que le nouveau gouvernement obtienne la confiance du Parlement.


Washington condamne « l'attaque scandaleuse » imputée à l'Iran ayant visé l'aéroport à Koweït