M. Hariri a donc reçu dans la matinée en sa résidence du centre-ville le chef de la Délégation de la Commission européenne au Liban, qui a plus tard affirmé avoir transmis à son hôte l'appui de l'UE ainsi que les vœux de succès du président de la Commission, José Manuel Barroso, et de la commissaire européenne pour les Relations extérieures et la Politique européenne de voisinage, Benita Ferrero-Waldner. Dans sa déclaration à la presse, M. Laurent a en outre souligné « l'importance fondamentale » que le prochain gouvernement représentera pour l'avenir du Liban. « L'Union européenne s'attend à ce que ce gouvernement fournisse des efforts particuliers pour réaliser les réformes politiques, économiques et sociales. Un des meilleurs instruments de stabilité que le Liban peut s'assurer est l'action commune entre les différentes forces politiques, économiques et sociales », a-t-il dit.
En réponse à une question, M. Laurent a indiqué qu'il ne peut pas deviner les obstacles auxquels le Premier ministre désigné peut être confronté « surtout que la formation d'un gouvernement a toujours été une affaire délicate au Liban ». « Mais vous avez un chef du gouvernement jeune, dynamique et ayant de l'expérience. Vous devez lui faire confiance », a-t-il dit au journaliste qui l'interrogeait sur les difficultés relatives à la mise en place du gouvernement.
Pour sa part, M. Hariri s'en est pris aux dirigeants israéliens « qui n'arrêtent pas d'adresser des messages négatifs au Liban et à son gouvernement ». « Leurs dernières déclarations au sujet du pays et le fait qu'ils fassent assumer au gouvernement la responsabilité de toute opération qu'Israël mènerait contre le territoire national constituent tout simplement une déformation des faits », a-t-il indiqué. Il a insisté sur le fait que le Liban est « depuis des années la cible d'agressions israéliennes », qu'une partie de son territoire est toujours occupée, que les violations israéliennes de sa souveraineté, dont celles de constituer des réseaux d'espionnage sur son sol, sont quotidiennes, « ce qui est contraire à la résolution 1701 du Conseil de sécurité ». M. Hariri a appelé la communauté internationale à « s'arrêter sur ces messages négatifs et à mettre Israël en garde contre les dangers de toutes menaces à la sécurité et à la souveraineté du Liban ».
Plus tard dans la journée, le Premier ministre désigné a reçu le vice-ministre suédois des Affaires étrangères, en visite au Liban, ainsi que l'ambassadeur d'Égypte.

