M. Biden, arrivé jeudi soir en Irak après avoir été investi par M. Obama de la mission d'œuvrer à la stabilisation politique du pays, a menacé ses interlocuteurs d'un désengagement si la violence confessionnelle et ethnique devait reprendre. Les États-Unis, qui se sont félicités de la baisse considérable de la violence en Irak, ont exprimé leur exaspération face à l'absence de progrès dans les réformes constitutionnelles nécessaires à faire cesser les profondes divisions entre chiites, Kurdes et sunnites. Assurant Bagdad de son soutien et de son aide, l'administration de M. Obama s'est dans le même temps dit réticente à « recoller les pots cassés encore une fois si, par l'action de certains, l'Irak devait s'effondrer ».
Face à cette brusque tension dans les relations irako-américaines, le gouvernement a tenté de ne pas froisser son allié, qui a retiré ses troupes des villes le 30 juin et mettra fin à toutes ses missions militaires fin 2011. « Nous voulons de bonnes relations avec les États-Unis. Oui, nous partageons votre inquiétude qui est légitime car vous voulez voir l'expérience (en Irak) réussir », a indiqué M. Dabbagh. « Mais nous pouvons régler (les problèmes) entre nous, sur la base de la Constitution et d'un consensus entre les groupes irakiens, notamment au sujet des relations entre la région (kurde) et le gouvernement central. Je pense que nous avons été clairs à ce sujet pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté », a-t-il poursuivi.
Dans la journée, M. Biden a fêté l'anniversaire de l'indépendance américaine en participant à la naturalisation de 237 soldats originaires de 59 pays, dont de nombreux Latino-Américains, dans un ancien palais de Saddam Hussein, sur une base de Bagdad. « Nos diplomates et civils vont concentrer leurs efforts pour aider les Irakiens à faire le maximum afin d'aboutir à un compromis politique ouvrant la voie à la paix et à la sécurité », a dit M. Biden, qui s'exprimait sous une immense bannière étoilée dans le cadre de cette cérémonie de naturalisation. Le compromis - qui tarde à venir en raison de profondes divergences entre les communautés irakiennes - devrait permettre « de bâtir un gouvernement capable d'assurer la sécurité et d'offrir les services auxquels ont droit les citoyens d'Irak », a souligné le vice-président, soulignant qu'il restait « un énorme et dur travail à faire ». Usant d'un langage cru, il a ajouté plus tard : cette cérémonie de naturalisation « s'est déroulée dans un palais de Saddam, rien de moins. Ce fils de p... se retourne dans sa tombe en ce moment ».
En outre, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki effectuera une visite aux États-Unis à partir du 21 juillet, pour discuter notamment de la coopération sur le long terme entre les deux pays, a indiqué hier un conseiller de M. Maliki. Il rencontrera le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à New York et ensuite le président Barack Obama, à Washington. « La visite durera plusieurs jours », a ajouté le conseiller. Hier également, M. Maliki a souhaité la tenue d'élections locales à Kirkouk, province riche en pétrole, avant les prochaines élections parlementaires. « Le problème de Kirkouk ne peut être résolu par la force ou par des faits accomplis car cela a échoué tout au long de l'histoire », a-t-il assuré.
Enfin, sur le plan des violences, un policier a été tué et 15 personnes ont été blessées, dont trois policiers, par quatre attaques à la grenade hier sur la même artère de la ville de Mossoul.

