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Liban - Affaire Gad Elmaleh

Al-Manar s’en prend cette fois à Mitri et Salam

Polémique Après de nouvelles attaques nocturnes d'al-Manar, hier, ciblant cette fois non plus uniquement l'humoriste Gad Elmaleh et le Festival de Beiteddine, mais maintenant aussi les ministres sortants de l'Information et de la Culture, Tarek Mitri et Tammam Salam. Une conférence de presse commune se tiendra aujourd'hui au ministère du Tourisme concernant l'annulation par l'acteur de sa tournée au Liban.

La conférence regroupera aux côtés de la présidente du Festival de Beiteddine, Nora Joumblatt, les ministres Mitri et Salam, mais aussi les ministres sortants Élie Marouni (Tourisme) et Ziyad Baroud (Intérieur). Une campagne civile menée par des artistes, des intellectuels et des personnalités de la société civile devrait également prendre son essor cette semaine.

Les nouvelles attaques du Hezbollah
La rédaction du journal télévisé d'al-Manar a de nouveau repris ses accusations hier contre l'artiste et le comité du Festival de Beiteddine. « Malgré la décision de (...) Gad Elmaleh de ne pas venir au Liban après qu'al-Manar eut révélé son implication dans une campagne de soutien à l'armée d'occupation israélienne, les personnes concernées au sein du Festival de Beiteddine, et avec elles des ministres, s'obstinent à défendre Elmaleh au nom de la liberté d'opinion. La promotion de l'armée israélienne qui a commis des massacres au Liban s'inscrit-elle dans le cadre de la liberté d'opinion, Messieurs les ministres ? » s'interroge al-Manar.
Et de poursuivre : « Gad Elmaleh a reconnu sa culpabilité indirectement et a évité de venir au Liban après que la chaîne al-Manar eut révélé ses encouragements à l'armée d'occupation israélienne sur un site Internet. Elmaleh a jeté l'éponge, mais la propagande de ceux qui sont attachés au festival se poursuit, et la question frôle désormais la provocation et l'intox, dans la mesure où cette propagande insinue et se fonde sur cette insinuation selon laquelle al-Manar a initié la campagne contre Elmaleh en raison de sa religion juive. Même certains ministres sont tombés dans le piège de la défense aveugle d'Elmaleh (...). »
La chaîne al-Manar reproche ensuite à MM. Tammam Salam et Tarek Mitri d'avoir été induits en erreur par le comité du festival, tout comme elle leur reproche d'avoir adopté le démenti de l'artiste français et d'avoir estimé que les informations de la chaîne étaient de l'intox et de la diffamation.
« Tout ce qu'al-Manar, qui est fière d'être la chaîne de la résistance, a fait, c'est d'avoir fait la lumière sur une des facettes de la personnalité d'Elmaleh, pour avertir les personnes concernées que ce dernier contribue à soutenir l'armée israélienne, laquelle a toujours commis des massacres au Liban, le dernier en date étant en 2006. Si certains ministres au Liban et l'armée de consultants qui est avec eux n'ont pas suivi les positions d'Elmaleh sur les sites Internet, cela est catastrophique. Et si sa défense les interpelle plus que les scènes des massacres commis par l'armée israélienne, cela est encore plus catastrophique », a ajouté al-Manar.

Mitri et Salam
Auparavant, le ministre sortant de l'Information, Tarek Mitri, avait de nouveau affirmé hier : « Il est du droit des Libanais, et même de leur devoir, de rester constamment éveillés lorsqu'il s'agit de boycotter les Israéliens, et en particulier ceux dont on a prouvé qu'ils ont servi dans l'armée israélienne ou travaillé dans n'importe quelle institution officielle de l'État hébreu », écrit-il ainsi dans un communiqué publié par son bureau de presse. « Si seulement telle était la principale raison qui a motivé la campagne lancée par un certain nombre de citoyens, et avec eux certains médias audiovisuels et électroniques, contre le célèbre humoriste français d'origine marocaine, Gad Elmaleh », a poursuivi le ministre Mitri, insistant sur le fait que le comédien et le Festival de Beiteddine ont tous deux « démenti » catégoriquement les allégations véhiculées notamment par al-Manar.
« Cela a rendu automatiquement nul et non avenu le motif de l'appel au boycottage. Le problème est que cette campagne, après le double démenti, s'est poursuivie ; elle a parfois même été surgonflée, comme une censure préalable d'un événement artistique et culturel annuel : le Festival de Beiteddine », a-t-il déploré. « Le fait que Gad Elmaleh ait été obligé d'annuler après les messages directs et indirects qu'il a reçus, et l'éventualité que d'autres artistes fassent comme lui, nous obligent à discuter calmement et rationnellement de cette affaire et de ses conséquences. Et nous ne pouvons que nous demander si cette campagne a réussi à renforcer le combat du Liban contre l'agressivité israélienne, nous interroger sur son impact sur les intérêts du Liban, sur son image dans le monde, sur sa vitalité culturelle et artistique et sur la saison des festivals de l'été », s'est interrogé Tarek Mitri.
En outre, le ministre sortant de la Culture, Tammam Salam, a reçu hier Nora Joumblatt, accompagnée de plusieurs membres du comité exécutif du Festival de Beiteddine, qui ont expliqué au ministre les tenants et aboutissants de la décision de Gad Elmaleh. « Les spectacles auraient dû se poursuivre, il n'y avait pas de craintes pour la sécurité de M. Elmaleh, qui est marocain de confession juive. Le Liban a l'habitude de recevoir des artistes de toutes les confessions, sans exception ; tous étaient en outre détenteurs d'un visa d'entrée au Liban », a rappelé le ministre. « Les médias se doivent de vérifier leurs informations. La calomnie est un péché et nous ne souhaitons pas que ces médias se noient dans des campagnes suspectes, cela nuit à leur réputation aussi bien qu'à l'image du Liban », a conclu Tammam Salam.
Signalons que SKeyes, le Centre pour la défense des libertés médiatiques et culturelles, a lui aussi déploré, dans un communiqué, la campagne contre l'humoriste franco-marocain, qui « nuit gravement à l'image du Liban et à sa richesse culturelle ».
Polémique Après de nouvelles attaques nocturnes d'al-Manar, hier, ciblant cette fois non plus uniquement l'humoriste Gad Elmaleh et le Festival de Beiteddine, mais maintenant aussi les ministres sortants de l'Information et de la Culture, Tarek Mitri et Tammam Salam. Une conférence de presse commune se tiendra aujourd'hui au ministère du Tourisme concernant l'annulation par l'acteur de sa tournée au Liban. La conférence regroupera aux côtés de la présidente du Festival de Beiteddine, Nora Joumblatt, les ministres Mitri et Salam, mais aussi les ministres sortants Élie Marouni (Tourisme) et Ziyad Baroud (Intérieur). Une campagne civile menée par des artistes, des intellectuels et des personnalités de la société civile devrait...
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