C'était il y a dix ans, et les Millonarios ne les ont pas oubliés. Pablo Aimar et Javier Saviola, les deux joyaux d'une formation de River Plate qui dominait le championnat argentin avec son voisin et ennemi de toujours, Boca Juniors. Les Super Clasicos de l'époque ne manquaient pas de saveur. Aimar et Saviola d'un côté, Juan Roman Riquelme et Martin Palermo de l'autre, pour des duels exceptionnels de spectacle et d'intensité. Et il fallait être fort pour lutter contre le Boca de l'époque, vainqueur de la Copa Libertadores en 2000, quelques mois avant sa victoire sur le Real Madrid (2-1) en finale de la Coupe intercontinentale. River y était parvenu en remportant le tournoi d'ouverture en 1999 et de clôture en 2000. Grâce à Aimar et Saviola, dont l'entente en a fait des idoles éternelles au Monumental.
Dix ans plus tard, les supporters Millonarios ont certainement appris avec un brin de nostalgie le transfert de Saviola à Benfica, un an après celui d'Aimar au club lisboète. Depuis qu'ils ont quitté River au début du XXIe siècle, les deux joueurs n'ont pas eu la carrière qui leur était promise. Aimar a eu toutes les peines du monde à s'imposer en six ans passés à Valence, avant de vivre la douleur d'être relégué avec Saragosse. Saviola n'a pas connu plus de réussite avec Barcelone. Malgré une soixantaine de buts inscrits en trois saisons avec le club catalan, « El Conejo » a été ensuite prêté à Monaco puis à Séville avant de revenir par la petite porte au Barça. Transféré au Real au 2007, il n'y a inscrit que cinq petits buts en deux ans. Alors que le club merengue l'a déclaré transférable, Benfica s'est jeté sur l'occasion de reconstituer le duo magique de River. Pour la plus grande joie de Saviola. « Benfica est un club très important au Portugal et en Europe. Aimar m'en a dit le plus grand bien, mais ce qui a compté, c'est la détermination de Rui Costa (directeur sportif, NDLR), du président et du staff à me faire venir », explique Saviola.
« Notre jeu était le reflet de notre amitié »
L'ancien Monégasque sait de quoi il parle. Réduit à un temps de jeu minimal depuis deux ans, il va trouver, à 27 ans, une formidable occasion de se relancer avec Benfica. « Je n'ai pas hésité à baisser mon salaire pour venir. J'ai regardé l'effectif et, sincèrement, c'est un groupe de qualité au fort potentiel. On peut construire une équipe compétitive, capable de viser la victoire sur tous les fronts », affirme-t-il. Un effectif de qualité au sein duquel il aura un rôle majeur à jouer. Il pourra compter sur Aimar pour atteindre cet objectif. Car le meneur de jeu argentin, auteur d'une première saison mitigée à Benfica (22 matches, 1 but), est lui aussi ravi de retrouver un joueur avec qui il a fait le bonheur de River, mais qu'il connaissait déjà depuis bien longtemps avant ça. « On jouait déjà ensemble tout petits. Je restais souvent chez lui et sa mère me faisait souvent de bons petits plats. Notre jeu était le reflet de notre amitié. On s'entendait bien et c'était naturel. C'est l'avant-centre avec lequel je me suis le mieux entendu. Quand j'ai signé à Saragosse, on m'avait dit qu'il viendrait aussi, mais il avait finalement choisi le Real », confie le petit numéro 10 du club lisboète. Cette fois-ci, le destin a choisi de réunir les deux idoles du Monumental. Benfica espère maintenant qu'ils se trouveront aussi bien qu'à River.

