Le blocus empêche de plus, selon le CICR, la reconstruction du territoire dévasté par l'opération militaire israélienne menée de décembre à janvier en réponse aux tirs de roquettes palestiniennes contre l'État hébreu, et qui a fait plus de 1 400 morts palestiniens. Six mois après la fin de l'opération « plomb durci », « les habitants de Gaza n'arrivent pas à reconstruire leur vie et plongent toujours plus dans le désespoir », estime l'organisation humanitaire basée à Genève. « Les habitants les plus démunis ont épuisé leurs mécanismes de survie et bon nombre sont contraints de vendre leurs biens pour pouvoir s'acheter de quoi manger », explique le responsable de la sous-délégation du CICR dans le territoire, Antoine Grand, cité dans le communiqué.
En outre, beaucoup de malades ne reçoivent pas les traitements dont ils ont besoin « faute de matériel dans les hôpitaux ». Enfin, en raison du blocus qui complique l'arrivée de matériaux de construction, des milliers de Gazaouis n'ont toujours pas pu reconstruire de logement décent.
Au total, estime le CICR, l'économie de la bande de Gaza est en miettes, avec un chômage record, entraînant une baisse du niveau de vie affectant durablement la population dont la moitié est constituée d'enfants. Le CICR appelle en conséquence « les États, les autorités politiques et les groupes armés organisés concernés à faire le nécessaire pour rouvrir la bande de Gaza et assurer une vie digne à sa population civile ».
Parallèlement, des témoins palestiniens ont été entendus hier pour la deuxième journée consécutive par la commission du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, chargée d'enquêter sur l'opération « plomb durci ». Dirigée par Richard Goldstone, ex-procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et pour le Rwanda, la mission est chargée d'enquêter sur d'éventuelles violations commises pendant l'offensive israélienne. Elle doit remettre son rapport final en septembre.
Hier, les membres de la commission ont notamment entendu Iyad Sarraj, un célèbre psychologue de Gaza, qui a exposé l'impact de la guerre sur les enfants, dont 20 % souffrent selon lui de stress post-traumatique. « La mort et le sang qu'ils ont vus ou dont ont été victimes leurs proches, c'était énorme, et cela a un impact psychologique négatif et peut nourrir le radicalisme et le cycle de violence », a-t-il dit.
Les audiences publiques devaient s'achever hier au quartier général de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Gaza-ville, avant de se poursuivre à Genève.


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