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Culture - Spectacle

Tour du monde dansant avec la troupe Knar

Coloré, festif, panaché est ce voyage à travers le folklore international par la troupe de danse Knar au théâtre du Casino du Liban, à Maameltein*. Un tour du monde rondement mené par Charlie Chaplin avec chapeau melon, godasses, canne et moustaches frémissantes...
Placé sous l'égide de l'association culturelle Hamaskaïne, un spectacle qui a du « peps » a envahi le théâtre du Casino du Liban. Charlie Chaplin, le show must go est le titre de cette ronde endiablée où la danse de tous les pays du monde a son mot à dire, ses pas à faire et ses pirouettes à fendre l'air...
Sous prétexte d'un certain tourisme de cœur, le génial Charlot, ineffable comédien et roi du rire, campé ici sous la flaque de lumière par Harout Torossian, entraîne le public vers un voyage aux horizons lointains. Un voyage de rêve, où l'espace et le temps ont plus prise sur l'imaginaire que sur la réalité...
Une croisière tout en confettis et farandoles, dirigée et chorégraphiée par Félix Haroutiounian avec des costumes, au goût exquis et adroitement exécutés, signés Dzovig Torikian.
Sur un canevas à la fois simple et délirant (texte en anglais, mais on déplore la mauvaise qualité de l'enregistrement), Charlot fait son show qui, forcément, malgré adversité ou intempérie de toute sorte, « must go on »...
Après une danse à deux, un peu pompeusement langoureuse sur l'air de Fascination de Nat King Cole, démarre en trombe ce voyage voué à la bonne humeur, au plaisir visuel, à la joie de danser, à la découverte des pays étrangers, à la fraternité humaine à travers l'esprit des folklores, aux couleurs vives, à la souplesse des corps et de leur éloquence...

Vichnou
De Londres, les « boys and girls » sont sanglés dans des chemises, pantalons et jupettes noirs et martèlent le plancher. De Moscou aux églises en bulbes dorés, les bateliers de la Volga rament en béret bleu marine et chasuble blanche à liséré écarlate. De la blancheur des dômes de Taj Mahal, voilà les gestes lascifs du Vichnou avec chaînettes tintinnabulantes aux chevilles et aux poignets. Sous le regard majestueux de l'Acropole, éclate la douceur des paysannes grecques en fichus se serrant contre la hanche des garçons sur un air de bouzouk. Sur un plateau aux flammes dévorantes, les circonvolutions « béjartiennes » d'une danseuse ibérique jalousement gardée par une nuée de mecs au torse bombé, au rythme flamboyant du Boléro de Ravel.
 La danse, dans ses multiples styles et formes, reste ici une expression élaborée et soigneusement servie par des jeunes amateurs qui ont scrupuleusement le sens de la scène.
Mais, de toute évidence, les quelques moments de bravoure et de brio restent pour ce qui est exclusivement de l'essence folklorique, notamment arménienne et libanaise. Les pas sont alors plus fermes, la souplesse plus naturelle, l'équilibre plus évident, l'assurance du geste garantie, la grâce rayonnante...
 On savoure le talent de ces jeunes bergers géorgiens bondissant en l'air avec leurs manteaux à cartouchière, leurs hussardes jusqu'aux rotules et leurs chapeaux en crins hérissés comme des carnassiers en danger... Tout autant suave est ce tableau, très style beauté Paradjanoff, d'une ode à une mère : tendre et mélancolique berceuse où trois femmes ont toute la grâce de l'univers...
Et tout aussi vive, fraîche et pétillante est cette « dabké », tout en « cherwal » rouge, fichus à franges dorées et « mandil » à transparence turquoise, menée en toute prestance et légèreté à l'ombre des colonnes de Baalbeck...
Et, cerise sur le gâteau, pour gommer totalement les frontières du temps et brouiller les pistes de toute logique, Charlot, sublime clown amoureux de sa Violetta aveugle, croise naturellement Hitler, Napoléon et Genkis Khan ! Et hop, pour cette rencontre explosive et inattendue, un numéro de rap métissé de hip-hop sur les cadences vrombissantes d'une musique techno d'enfer.
Un joli moment par la troupe de danse Knar, dont les succès remontent à 1956 ! Une troupe qui a déjà généreusement donné toutes ses preuves et qu'on retrouve avec plaisir dans une prestation, malgré quelques minces faiblesses, à la fois moderne et originale.

*Jusqu'au 28 juin, à 21h00.
Placé sous l'égide de l'association culturelle Hamaskaïne, un spectacle qui a du « peps » a envahi le théâtre du Casino du Liban. Charlie Chaplin, le show must go est le titre de cette ronde endiablée où la danse de tous les pays du monde a son mot à dire, ses pas à faire et ses pirouettes à fendre l'air...Sous prétexte d'un certain tourisme de cœur, le génial Charlot, ineffable comédien et roi du rire, campé ici sous la flaque de lumière par Harout Torossian, entraîne le public vers un voyage aux horizons lointains. Un voyage de rêve, où l'espace et le temps ont plus prise sur l'imaginaire que sur la réalité...Une croisière tout en confettis et farandoles,...
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