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Lifestyle - Objets Et Histoire

De coton ou de diamant ?

« L'amour est aveugle, mais le mariage lui rend la vue », dit-on... Si c'est pour cette raison qu'en Europe on se marie de moins en moins, au Liban cette institution se porte très bien (les prochains mois vous le prouveront), et si ce n'est plus vraiment « pour la vie » le nombre de divorces augmentant malheureusement de façon alarmante, le parcours, lui, est presque le même partout. Un regard, un sourire, un rendez-vous, une alchimie... puis, la situation financière ou papa aidant, un mariage est alors envisagé...
Rétrospective : les fiançailles ont existé depuis l'antiquité. Une fois la dot (trousseau, mobiliers, vaisselles et parfois bijoux) fixée, les fiançailles, organisées avec le consentement des parents, rendent publique la promesse de mariage faite entre les jeunes gens. Au XVe siècle, l'anneau de fiançailles arbore une pierre précieuse et se différencie de l'anneau du mariage d'une grande sobriété. Ce dernier, en France et jusqu'à la fin du XIXe siècle, était porté seulement par la femme. L'habitude de le porter à l'annuaire de la main gauche vient d'une croyance égyptienne, selon laquelle un nerf relie ce doigt au cœur... Jadis publiés trois dimanches de suite, les bans, qui signifient annoncer publiquement à l'église un futur mariage, permettent à des tiers de contester cette alliance... Aucune contestation ? On fixe la date, on distribue les faire-part et commencent alors les préparatifs.
Autrefois, quelques jours avant le mariage, les cadeaux étaient déposés chez les parents des mariés puis exposés le jour J. Et comme, bien souvent, les cadeaux offerts n'étaient pas utiles aux mariés ou pas à leur goût (plateaux en argent, cadres), la liste de mariage ou, plus récemment, le compte en banque ont été inventés !
La tradition de la robe blanche à traîne, ornée d'un long voile, symbole de virginité, n'apparaît pour la première fois qu'au XIXe siècle, vers 1830. Les robes de mariées revêtaient jusqu'alors toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et se devaient de suivre au plus près la mode de chaque époque. En Chine, la robe de mariée est... rouge, teinte du bonheur. La couronne de fleurs est une tradition byzantine, qui a pour fonction d'attirer la protection divine. Des fleurs blanches, en particulier des fleurs d'oranger, la fleur du mariage par excellence, symbole de virginité et de fécondité, devaient la composer.
Sous l'Ancien Régime en France, par crainte du diable, les mariages avaient souvent lieu la nuit afin de protéger les fiancés du mauvais sort. Cérémonies nocturnes que l'Église interdira au XVIIe siècle. La nuit est alors réservée aux festivités.
Selon une vieille tradition paysanne en vogue aux XVIIe et XVIIIe siècles, la jarretière, portée sous la robe, était retirée à la fin du repas de noces, par un garçon d'honneur ou un enfant. Mise ensuite aux enchères, elle permettait d'offrir une somme d'argent aux mariés. En Angleterre, où la jarretière possède son ordre de chevalerie depuis le XIVe siècle, la coutume perdure : nous sommes à Calais, au lendemain de la bataille de Crécy (26 août 1346), et le roi d'Angleterre Édouard III fête sa victoire sur les Français en donnant un grand bal à la cour. La fête bat son plein, et la tradition ou la légende veut qu'au cours de ce bal, la maîtresse du roi, la comtesse de Salisbury, laisse tomber une de ses jarretières au sol, sous les yeux de tous les danseurs ébahis. Immédiatement, rires et quolibets fusent de toutes parts. Le roi s'en émeut, puis il se reprend et ramasse l'objet responsable du scandale en s'écriant : « Honni soit qui mal y pense » ; autrement dit, « honte à ceux qui y voient du mal ». Deux ans plus tard, avec un sens aigu de l'honneur à rétablir, Édouard III créera le très noble ordre de la Jarretière, dont la devise « Honni soit qui mal y pense » figurera en lettres d'or sur une jarretière bleue entourant une croix de couleur rouge.
Revenons à nos mariés, qui filent à l'anglaise pour leur nuit de noces. La première nuit des nouveaux mariés revêtait dans les milieux royaux français une importance juridique et politique considérable. La raison d'État exigeait parfois qu'elle se déroule devant un public choisi. Au chapitre des fiascos historiques, la nuit de noces d'un Louis XVI repu s'endormant aux côtés de Marie-Antoinette ou celle de Napoléon qui, en 1796, bat en retraite devant les crocs de Fortune, le hargneux petit chien de Joséphine.
Quant à la lune de miel qui va suivre, c'est une expression d'origine viking : l'hydromel, boisson fermentée faite d'eau et de miel, était bu pendant la semaine nuptiale de libations, notamment la nuit... question d'améliorer les performances et éviter une lune de fiel. Si aujourd'hui de petites pilules bleues ont remplacé l'hydromel, la lune de miel reste d'actualité et les destinations de plus en plus insolites. Bon voyage, et long et heureux mariage !
Et pour finir, une anecdote à propos de la dot : Boni de Castellane (célèbre dandy et homme politique français), marié à Anna Gould, la très riche héritière des chemins de fer américains qui n'était toutefois pas très gâtée par la nature, répétait toujours : « Ma femme, elle, elle est belle vue de dot. »

« L'amour est aveugle, mais le mariage lui rend la vue », dit-on... Si c'est pour cette raison qu'en Europe on se marie de moins en moins, au Liban cette institution se porte très bien (les prochains mois vous le prouveront), et si ce n'est plus vraiment « pour la vie » le nombre de divorces augmentant malheureusement de façon alarmante, le parcours, lui, est presque le même partout. Un regard, un sourire, un rendez-vous, une alchimie... puis, la situation financière ou papa aidant, un mariage est alors envisagé...Rétrospective : les fiançailles ont existé depuis l'antiquité. Une fois la dot (trousseau, mobiliers, vaisselles et parfois bijoux) fixée, les fiançailles, organisées avec le consentement des...
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