« Il y avait un type qui était enchanté de ramener un morceau d'or à son épouse », ajoute l'entrepreneur, qui rêve d'installer quelque 500 distributeurs de ce type dans les aéroports d'Europe, ainsi que dans les bijouteries et les boutiques de luxe en Allemagne, Autriche et Suisse.
Dans les automates baptisés « Gold to Go », le métal précieux sera proposé en feuilles de un à 10 grammes, ou bien sous forme de pièces de monnaie australiennes ou canadiennes. Le principal argument de vente sera le prix : le vendeur promet un tarif inférieur de 20 % environ à celui pratiqué par les banques allemandes. Le gérant gardera une marge
« raisonnable », promet-il. Et les tarifs affichés par la machine seront perpétuellement ajustés aux cours mondiaux, grâce à un logiciel spécifiquement créé pour l'occasion. Le voyageur devra tout de même débourser dans les 30 euros pour un petit cadeau d'un gramme, ou 245 euros environ pour 10 grammes (aux cours actuels).
Avec cette idée, M. Geissler ne cache pas qu'il veut profiter de l'intérêt jamais démenti des Allemands pour un métal considéré comme une valeur-refuge en cas de turbulences financières. Après l'hyper-inflation des années 20 et les ravages des deux Guerres mondiales, les Allemands vénèrent plus que tout la stabilité de leur épargne, explique-t-il. « Les Allemands ont peur de l'inflation. Ils craignent de tout perdre, pour la troisième fois en un siècle. Deux fois, ça suffit », souligne le commerçant.
Selon Niel Neader, du cabinet d'expertise britannique GFMS, cet attrait pour l'or s'explique aussi par une « méfiance envers les banques » manifestée par les Européens depuis l'éclatement de la crise financière l'an dernier. Si bien qu'en 2008, les ventes d'or en Europe ont atteint un niveau « substantiel », ajoute le consultant.
Pour éviter que les automates soient utilisés par des voyageurs peu scrupuleux qui voudraient ainsi laver facilement leur argent sale, Thomas Geissler a prévu de les équiper de caméras de surveillance. Et certaines machines n'accepteront de toutes façons que les cartes bancaires.
Quant au risque de vol par effraction, il ne sera pas plus élevé que pour un distributeur automatique de billets, puisque les machines contiendront au maximum l'équivalent de 50000 euros d'or.
Lors de sa mise à l'essai la semaine dernière, l'automate a suscité l'étonnement de bien des curieux et « certains banquiers n'en croyaient pas leurs yeux », s'amuse M. Geissler.
« Ça prendra un peu de temps avant que tout le monde soit habitué à tomber sur un distributeur automatique d'or », estime l'entrepreneur.


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