Il est des scénarios qui ne prennent leur importance qu'à l'automne des batailles. Hélas une régressive culture de la démocratie reprend corps avec une nouvelle compromission : le retour du serrurier du perchoir. Qu'est-ce qui justifie ce hold-up monopolisateur sur le Parlement libanais ? Serait-ce la peur de gouverner qui pousserait (encore une fois) nos récents élus à se raccrocher à un symbole d'un passé douloureux que les Libanais de toutes appartenances s'efforcent d'oublier ? À nos affidés de la compromission donc, la palme de la victoire... sur nos illusions. Le partage du gâteau nourrit peut-être leurs ambitions ou leurs peurs, mais laisse le peuple sur sa faim de réécrire enfin une page de « son » histoire ; peuple auquel ou avait promis l'Éden en échange de son adhésion. Son destin lui aurait-il définitivement échappé, rançon de sa veulerie ou de sa crédulité ? Y aurait-il encore d'autres bazars pour ne plus bloquer les institutions et l'État, prévenir la réoccupuation des espaces publics, refuser les exigences exacerbées d'un général populiste et conserver au Hezbollah ses bunkers surarmés, son tiers de blocage et son piédestal sacralisé ? Il est désolant de constater la duplicité de nos élus qui parlent de démocratie lorsqu'ils sollicitent nos suffrages et l'oublient lorsqu'ils arrivent au pouvoir. Pouvons-nous encore croire que nos « Saint-Just » puissent conserver leur liberté et la nôtre ? Il était pourtant impératif de sortir d'une logique d'équivoque et de puériles crédulités pour entrer dans une logique de discernement et de responsabilité. Ainsi ne nous resterait-il qu'à ressasser nos nostalgies d'un vieux Liban bon enfant où nous glissions, candides - et probablement inconscients -, sur les périodes heureuses « qui font les pages blanches de l'histoire ». C'est seulement maintenant que nous ressentons notre flétrissement intérieur et une déception à la mesure de nos propres illusions. Cependant, nous nous devons de toujours espérer que les erreurs de parcours (mêmes répétées) puissent s'effacer, que le mensonge ne puisse durer qu'un temps dans un itinéraire, constats soutenus par la certitude que la pensée, la parole, l'écrit et la résistance culturelle peuvent encore donner un sens à notre mémoire, notre difficile combat et notre histoire.
Il est des scénarios qui ne prennent leur importance qu'à l'automne des batailles. Hélas une régressive culture de la démocratie reprend corps avec une nouvelle compromission : le retour du serrurier du perchoir. Qu'est-ce qui justifie ce hold-up monopolisateur sur le Parlement libanais ? Serait-ce la peur de gouverner qui pousserait (encore une fois) nos récents élus à se raccrocher à un symbole d'un passé douloureux que les Libanais de toutes appartenances s'efforcent d'oublier ? À nos affidés de la compromission donc, la palme de la victoire... sur nos illusions. Le partage du gâteau nourrit peut-être leurs ambitions ou leurs peurs, mais laisse le peuple sur sa faim de réécrire enfin une page de...
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