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Culture - Spectacle

Sombre songe d’une nuit d’été à la Bulle

Dans le cadre du festival « Le printemps de Beyrouth », organisé par la Fondation Samir Kassir, Raja Ben Ammar et le groupe du théâtre tunisien Phou ont présenté « La Bulle » à... la Bulle-Dôme du centre-ville.
C'est un spectacle-performance qui s'accorde bien avec « l'esprit » d'un festival culturel international dédié à la mémoire de Samir Kassir, dont on commémore la quatrième année de l'attentat qui lui a coûté la vie. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit d'une «traversée de nos mythes contemporains». Parce qu'il dresse une sorte d'état des lieux sans complaisance de l'état du monde, arabe en particulier. Et, tout simplement, parce qu'à l'instar des articles du grand journaliste disparu, cette création de la troupe tunisienne Phou, mise en scène par Raja Ben Ammar, pousse le spectateur au questionnement, à la réflexion, à la contestation de l'ordre arbitraire des choses.
Comment ? En l'invitant à déambuler, dans la Bulle du centre-ville, le long d'un parcours jalonné d'installations, de sculptures, de performances, d'images et de sons... Et de se laisser «imbiber» par les œuvres pluridisciplinaires, exécutées par 15 comédiens, musiciens, chanteurs, danseurs et opérateurs tunisiens (auxquels ont prêté main forte 5 machinistes et techniciens locaux), qui donnent «corps» aux souvenirs, obsessions, peurs, attentes, luttes intérieures de tout un chacun...
À cet effet, quel meilleur cadre pour réveiller les démons, le temps d'une Bulle, que la Bulle-Dôme, cet ancien cinéma d'avant-guerre encore porteur des stigmates des événements. Un théâtre parfait pour ces performances mimées, ces installations, ces scènes, ces images, ces cris, ces stridences, ces sanglots, ces harangues en langue tunisienne émaillée de quelques phrases en français, ces mélopées, ces cantiques, ces sculptures angoissantes, ces apparitions d'anges, de mutants, de morts-vivants qui s'interpellent, ces contorsionnistes fantomatiques qui ponctuent le parcours des visiteurs. Lesquels, désarçonnés dans un premier temps, vont se laisser emporter progressivement dans les méandres de cet univers mystérieux, fantastique, truffé de références mythologiques, littéraires, cinématographiques, picturales...

Les oubliettes
du monde contemporain

Un univers de correspondances secrètes, d'atmosphères éloquentes, de « tableaux pamphlets » sur la misère, le désespoir, la violence, le sang, les atrocités, le chaos, la terreur qui régissent le monde contemporain...
Un peu plus d'une heure de théâtre différent, de spectacle exigeant, de plongée par voie artistique dans les soubassements, les « oubliettes » d'une société inique, liberticide, macabre, impitoyablement antiféminine, de laquelle le visiteur sort, comme d'un songe sombre, troublé, envoûté, ému, secoué, heurté ou soulagé. Mais certainement pas indifférent.
C'est un spectacle-performance qui s'accorde bien avec « l'esprit » d'un festival culturel international dédié à la mémoire de Samir Kassir, dont on commémore la quatrième année de l'attentat qui lui a coûté la vie. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit d'une «traversée de nos mythes contemporains». Parce qu'il dresse une sorte d'état des lieux sans complaisance de l'état du monde, arabe en particulier. Et, tout simplement, parce qu'à l'instar des articles du grand journaliste disparu, cette création de la troupe tunisienne Phou, mise en scène par Raja Ben Ammar, pousse le spectateur au questionnement, à la réflexion, à la contestation de l'ordre arbitraire des choses. Comment ? En l'invitant...
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