Comment ? En l'invitant à déambuler, dans la Bulle du centre-ville, le long d'un parcours jalonné d'installations, de sculptures, de performances, d'images et de sons... Et de se laisser «imbiber» par les œuvres pluridisciplinaires, exécutées par 15 comédiens, musiciens, chanteurs, danseurs et opérateurs tunisiens (auxquels ont prêté main forte 5 machinistes et techniciens locaux), qui donnent «corps» aux souvenirs, obsessions, peurs, attentes, luttes intérieures de tout un chacun...
À cet effet, quel meilleur cadre pour réveiller les démons, le temps d'une Bulle, que la Bulle-Dôme, cet ancien cinéma d'avant-guerre encore porteur des stigmates des événements. Un théâtre parfait pour ces performances mimées, ces installations, ces scènes, ces images, ces cris, ces stridences, ces sanglots, ces harangues en langue tunisienne émaillée de quelques phrases en français, ces mélopées, ces cantiques, ces sculptures angoissantes, ces apparitions d'anges, de mutants, de morts-vivants qui s'interpellent, ces contorsionnistes fantomatiques qui ponctuent le parcours des visiteurs. Lesquels, désarçonnés dans un premier temps, vont se laisser emporter progressivement dans les méandres de cet univers mystérieux, fantastique, truffé de références mythologiques, littéraires, cinématographiques, picturales...
Les oubliettes
du monde contemporain
Un univers de correspondances secrètes, d'atmosphères éloquentes, de « tableaux pamphlets » sur la misère, le désespoir, la violence, le sang, les atrocités, le chaos, la terreur qui régissent le monde contemporain...
Un peu plus d'une heure de théâtre différent, de spectacle exigeant, de plongée par voie artistique dans les soubassements, les « oubliettes » d'une société inique, liberticide, macabre, impitoyablement antiféminine, de laquelle le visiteur sort, comme d'un songe sombre, troublé, envoûté, ému, secoué, heurté ou soulagé. Mais certainement pas indifférent.

