Régularité
La France peut s'impatienter d'attendre en vain un successeur à Yannick Noah, dernier Français vainqueur de Roland-Garros en 1983. La Grande-Bretagne cherche encore celui qui prendra la relève de Frederick John Perry, qui a remporté Wimbledon en... 1936.
Après 71 ans d'attente au Queen's, Murray se verrait donc bien mettre fin aux 73 ans d'abstinence du All England Club, et ce malgré la période faste de Tim Henman, alias « Timbledon ». L'Anglais, ex-n° 4 mondial et présent régulièrement dans le top 10 mondial entre 1998 et 2005, a signé quatre demi-finales et quatre quarts de finale à Londres en 14 participations. Une régularité record, mais qui n'a jamais été récompensée par une finale. Et c'était bien le grand regret de « Tiger Tim » qui n'a même joué aucune finale majeure dans sa carrière.
Andy Murray ou l'élu
Au petit jeu des comparatifs, Andy Murray a déjà une bonne longueur d'avance. Au point de vue des titres, majoritairement remportés sur dur, l'Écossais de 22 ans a un trophée de plus que l'Anglais (12 contre 11) qui a glané sa dernière distinction à 29 ans à Paris-Bercy où il a décroché son unique Masters. Murray a, quant à lui, remporté trois Masters (Cincinnati, Madrid en 2008 et Miami en 2009). Il a de plus joué une finale de grand chelem à l'US Open en 2008 (défaite face à Roger Federer). Et surtout, il a remporté son 12e titre sur gazon, d'autant plus au Queen's. La différence supplémentaire entre les deux champions.
Si Tim Henman était surtout connu pour son jeu casse-cou en service-volée, Andy Murray propose un jeu aussi agressif, mais bien plus diversifié que son aîné. S'ils ont en commun le dur comme préférence de surface de jeu, l'Écossais, formé sur la terre battue barcelonaise et formaté au gazon par ses pairs, a trouvé un compromis parfait pour s'exprimer sur toutes les surfaces. Ses progrès sur surface ocre auprès de l'Espagnol Alex Corretja sont significatifs. Son titre au Queen's parle pour lui : ce Britannique aura bien son mot à dire pour la victoire à Wimbledon à côté de Roger Federer et Rafael Nadal.
Numéro 2 mondial ?
Actuellement n° 3 mondial, le meilleur classement d'un Britannique à Londres depuis Perry, Murray se place même en embuscade pour intégrer la place de n° 2 s'il gagne à Londres. Et ce, même s'il s'impose en finale face à Roger Federer (l'Écossais aurait 10 730 points et contre 10 420 pour le Suisse). Si ce scénario s'écrivait comme tel et qu'il comprenait au pire un forfait ou une défaite au 1er tour de Rafael Nadal, tenant du titre, l'Espagnol resterait tout de même n° 1 mondial pour 15 points de mieux (10 735). Ce qui annoncerait une fin de saison palpitante pour la quête et la défense de la première place mondiale, non pas entre deux champions, mais bel et bien entre trois.
Successeur de Perry
Alors oui, cette année est une année particulière car Andy Murray a tout pour être le digne successeur de Fred Perry, joueur de tennis professionnel et même champion du monde de tennis de table, à qui on compare volontiers le jeu de l'Écossais. Le successeur pour ne pas dire l'élu avant d'être l'héritier. En effet, en 2009 est célébré le centième anniversaire de Perry, né le 18 mai 1909 (et décédé le 2 février 1995 à Melbourne) ; et à cette occasion, une tenue de son époque, remodelée au goût du jour, a même été confectionnée tout spécialement pour Andy et son frère Jamie. Une attention particulière qui veut en dire long sur les espoirs britanniques. Pour ceux qui auront la chance d'aller à Londres pour assister à ce tournoi, levez le nez au ciel, une ombre planera certainement au-dessus du Centre Court désormais couvert de Wimbledon...

