« Je soutiens José Manuel Barroso pour un second mandat, et j'espère que nous pourrons avoir une décision politique sur ce point pour ensuite consulter le Parlement », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel à son arrivée. « L'Europe doit être en mesure d'avancer et ne peut pas rester immobilisée par cette question pendant des mois », a-t-elle encore dit.
Le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, dont le pays prendra la présidence tournante du bloc communautaire le 1er juillet, a abondé en ce sens. « Il est candidat à la réélection, il n'y a pas d'autre candidat, donc pourquoi attendre ? Nous avons besoin de leadership et nous avons besoin de décisions claires, et j'ai bon espoir que nous obtenions cela », a-t-il déclaré.
Cependant, le chef de file des socialistes au Parlement européen a prévenu hier que son groupe refuserait de voter mi-juillet une reconduction de José Manuel Barroso.
Selon la procédure sur laquelle se sont mis d'accord les Vingt-Sept, des consultations auront lieu avec les chefs des groupes parlementaires avant de formaliser par écrit le soutien politique exprimé jeudi et vendredi, puis que le Parlement accepte cette procédure et se prononce enfin sur la candidature de José Manuel Barroso, peut-être le 15 juillet. Si le traité de Lisbonne entre en vigueur à l'automne, un nouveau vote devrait alors intervenir sur l'ensemble du collège des commissaires et peut-être sur le président de la Commission seul, forçant ce dernier à mener campagne.
Pressé de publier un programme politique, par la France et l'Allemagne notamment, José Manuel Barroso s'est exécuté hier. Dans une lettre envoyée aux chefs d'État et de gouvernement, il dit vouloir soutenir une « vision politique ambitieuse » au service d'une UE et d'une Commission européenne fortes. « Nous avons besoin de plus d'Europe, pas de moins d'Europe (...) C'est le moment d'avoir plus d'ambition pour l'Europe », y écrit-il, avant d'énumérer ses priorités. Il s'agit selon lui de favoriser l'économie sociale de marché, de construire une société du savoir, de mener les économies européennes vers la sortie de crise ou encore d'affirmer le leadership européen en matière de lutte contre le changement climatique.
Au-delà de ces sujets, sur lesquels l'ensemble des Européens se retrouvent, José Manuel Barroso a également cherché à contenter Paris et Berlin en appelant à une réforme efficace de la régulation financière et à une politique économique basée sur le refus du protectionnisme et la promotion des intérêts européens dans le monde. Cette dernière mention était explicitement réclamée par la France, qui souhaite que la politique de concurrence de la Commission soit plus souple et favorise l'émergence de champions européens capables de se battre à armes égales avec leurs homologues américains ou chinois sur les marchés mondialisés.
En ce qui concerne la réforme de la régulation, elle est également à l'agenda du sommet et, là encore, la France cherche à promouvoir une vision ambitieuse de la supervision bancaire et financière en donnant des pouvoirs contraignants à des autorités nouvellement créées, ce à quoi s'oppose Londres.
Dernier sujet à l'ordre du jour, la discussion sur les garanties données à l'Irlande pour tenir un second référendum sur le traité de Lisbonne a été reportée à aujourd'hui alors que la négociation patine sur la portée légale du texte.


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