« La Russie et la Chine affirment que le règlement de la situation liée au programme nucléaire iranien n'est possible que par des méthodes politiques et diplomatiques », soulignent le président russe Dmitri Medvedev et son homologue chinois Hu Jintao, qu'il recevait à Moscou.
Les Occidentaux soupçonnent la République islamique de vouloir se doter de l'arme atomique, sous couvert d'un programme de production nucléaire d'électricité.
« Les chefs d'État ont exprimé leurs sérieuses préoccupations en ce qui concerne la situation dans la péninsule coréenne et appellent à une relance rapide des pourparlers à Six », qui associent, outre les deux Corées, la Chine, la Russie, le Japon et les États-Unis.
Rencontrant plus tôt dans la journée Vladimir Poutine, Premier ministre et prédécesseur de Medvedev au Kremlin, Hu Jintao avait souligné les efforts menés par la Russie et la Chine pour mettre en commun leur influence sur la scène mondiale. Vladimir Poutine avait insisté sur le fait que la Russie était et resterait une « priorité » de la politique étrangère chinoise.
La veille, le sommet de l'Organisation pour la coopération de Shanghai, où siègent la Russie, la Chine et plusieurs républiques d'Asie centrale, avait permis à Moscou et Pékin d'afficher leur soutien au président Mahmoud Ahmadinejad, dont la réélection a déclenché en Iran un mouvement de contestation sans précédent depuis la révolution islamique de 1979. « Nous avons mis en œuvre une coopération stratégique efficace qui nous permet d'affirmer notre force commune et de fournir la contribution nécessaire à l'établissement de la paix et de la stabilité dans le monde », avait alors dit Hu Jintao. Les deux pays affichent une solidarité croissante sur de nombreux dossiers multilatéraux : Proche-Orient, non-prolifération ou réforme de l'ONU et des institutions financières internationales.
Les deux présidents sont également convenus d'accentuer l'utilisation de leurs devises, le rouble et le yuan, comme moyens de règlement de leurs échanges bilatéraux. « Il est essentiel que nous progressions en vue de créer des conditions favorables à l'élargissement de la sphère des règlements en roubles et en yuans », déclarent les deux chefs d'État dans leur communiqué commun.
La Russie, qui détient les troisièmes réserves mondiales de change après la Chine et le Japon, a fréquemment appelé à une moindre dépendance de l'économie mondiale envers le dollar, et estime que le rouble et le yuan pourraient devenir des monnaies de réserve.
Mais la Chine, dont les réserves en devises se chiffrent à près de 2 000 milliards de dollars, est soucieuse d'éviter une dépréciation du billet vert qui ferait s'envoler en fumée une partie de ses réserves et ne s'est pas jointe à cette critique du rôle mondial de la monnaie américaine.
Le sommet russo-chinois a en outre débouché sur la signature de plusieurs accords en matière d'énergie d'un montant record de 100 milliards de dollars, sans que l'on sache cependant si une partie de cette somme représente des accords déjà annoncés précédemment.

