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Moyen Orient et Monde - Iran

Moussavi appelle ses partisans à maintenir leur « opposition »

Ahmadinejad défend sa réélection, ses rivaux ne reconnaissent pas sa victoire et demandent l'annulation du résultat.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a défendu hier la légitimité de sa réélection devant une foule de partisans enthousiastes réunis au centre de Téhéran, tandis que son principal rival réclamait l'annulation du résultat pour irrégularités. « Les élections en Iran sont les plus propres » du monde, a dit M. Ahmadinejad, assurant que le résultat du scrutin de vendredi n'avait pas été faussé. Malgré de nouvelles manifestations de l'opposition et les doutes exprimés par les États-Unis sur la légitimité de sa victoire (voir article ci-dessous), M. Ahmadinejad a assuré la foule qu' « il n'y avait eu aucune irrégularité » dans l'élection.
Son principal rival, Mir Hossein Moussavi, crédité officiellement de seulement 34 % des voix contre 63 % à M. Ahmadinejad, a demandé à l'instance compétente, le Conseil des gardiens de la Constitution, d'annuler les résultats. Le candidat réformateur Mehdi Karoubi, laminé au scrutin, a affirmé pour sa part qu'il « ne reconnaissait pas M. Ahmadinejad comme président du pays ». Ce dernier a accusé ses adversaires de liens avec l'étranger et les médias étrangers de se livrer à une « guerre psychologique » contre son gouvernement. L'Association du clergé combattant, dont l'ex-président Khatami est l'un des fondateurs, a également demandé l'annulation de l'élection, se disant préoccupée par « un truquage massif des voix ». Mais les chances d'annulation du résultat sont a priori infimes. Les membres du Conseil des gardiens sont nommés directement et indirectement par le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qui s'est félicité samedi de la réélection du président Ahmadinejad.
Par ailleurs, des affrontements se sont poursuivis dimanche entre partisans de M. Moussavi et la police, mais avec une ampleur bien moindre que la veille. Protestant contre la réélection du président, les manifestants ont à nouveau scandé « Mort au dictateur ! » et lancé des pierres en direction de la police. La police a annoncé avoir procédé à 170 arrestations dans le cadre des émeutes de samedi, dont au moins 70 « organisateurs ». Selon un journaliste de l'AFP, les policiers ont tiré en l'air à plusieurs reprises pour repousser des manifestations, rue Motahari. Il n'a pas fait état de victimes. Les heurts s'étaient poursuivis dans la nuit de samedi à dimanche, avant que le calme ne revienne vers 02h00 du matin, après le déploiement des forces de l'ordre, d'agents en civils et de bassidjis (milice islamique).
Samedi, les affrontements avec la police se sont transformés en scènes d'émeutes dans certains quartiers. Leur cible était le ministère de l'Intérieur, un grand bâtiment de béton remontant à l'époque du chah. Des manifestants affrontaient la police dans d'autres endroits de Téhéran. « Moussavi, Moussavi, récupère nos votes », scandaient certains, généralement jeunes, mais soutenus par des plus âgés. La capitale n'avait pas connu de telles violences depuis les émeutes estudiantines de juillet 1999.
Le réseau de téléphonie mobile, coupé samedi soir, a été rétabli hier. Mais des journalistes étrangers envoyés couvrir les élections ont été priés de quitter le pays, dont deux journalistes de la télévision publique néerlandaise. Hier, le bureau de la chaîne de télévision satellitaire al-Arabiya a été fermé pour une semaine et la BBC a indiqué que les satellites diffusant ses programmes au Proche-Orient et en Europe étaient la cible d'un brouillage important « en provenance d'Iran ». Les autorités iraniennes ont également empêché hier les journalistes des chaînes de télévision publiques allemandes de rendre compte des manifestations hostiles à Ahmadinejad.
La tension politique s'est par ailleurs accrue hier matin avec l'interpellation d'au moins neuf responsables réformateurs, dont deux anciens vice-ministres, partisans de Mir Hossein Moussavi. Certains d'entre eux ont ensuite été libérés. Dans une conférence de presse dimanche, M. Ahmadinejad a assimilé ces personnes, ainsi que M. Moussavi, à « des supporteurs de match de football dont l'équipe a perdu ». M. Moussavi a appelé ses partisans à maintenir « pacifiquement » leur « opposition » aux résultats du scrutin. La veille il avait dénoncé « vigoureusement les irrégularités visibles et nombreuses » du scrutin, avertissant que cela ne pouvait qu'instaurer « la tyrannie ».
Le président Ahmadinejad a pour sa part qualifié le scrutin de « camouflet » pour les « oppresseurs » du monde, en allusion à l'Occident. Il a répété que le dossier du nucléaire iranien, un point central du contentieux avec les États-Unis et d'autres pays, appartenait « au passé ».
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a défendu hier la légitimité de sa réélection devant une foule de partisans enthousiastes réunis au centre de Téhéran, tandis que son principal rival réclamait l'annulation du résultat pour irrégularités. « Les élections en Iran sont les plus propres » du monde, a dit M. Ahmadinejad, assurant que le résultat du scrutin de vendredi n'avait pas été faussé. Malgré de nouvelles manifestations de l'opposition et les doutes exprimés par les États-Unis sur la légitimité de sa victoire (voir article ci-dessous), M. Ahmadinejad a assuré la foule qu' « il n'y avait eu aucune...
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