Quelques minutes plus tôt, le principal rival de M. Ahmadinejad, le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi, avait clamé victoire devant la presse. « Conformément aux informations que nous avons obtenues, je suis le vainqueur de cette élection avec une marge importante », avait dit M. Moussavi, lisant un communiqué. « Je remercie la présence extraordinaire des électeurs (...). Nous avons eu des personnes qui n'étaient jamais venues aux urnes. Tout le monde l'a constaté. Nous avons eu des files d'attente dans lesquelles des gens ont patienté deux ou trois heures pour voter », a-t-il noté.
Peu auparavant, un proche collaborateur de M. Moussavi avait déjà évoqué une victoire de l'ancien Premier ministre, soutenu par les réformateurs, avec un score de 65 % des voix. Dans le communiqué lu devant la presse, M. Moussavi a par ailleurs affirmé que ses équipes avaient « constaté dans certaines villes, comme Shiraz, Ispahan et Téhéran, un nombre insuffisant de bulletins de vote ». « Certains de nos QG ont été attaqués. Je poursuivrai, avec le soutien du peuple, les personnes à l'origine de ces actes illégaux », a-t-il assuré. « Nous nous attendons à ce que le décompte des voix se fasse correctement et qu'on puisse organiser une fête ensuite. On doit respecter la volonté du peuple », a-t-il encore clamé.
Avec une mobilisation « sans précédent », selon le ministère de l'Intérieur, l'heure de clôture du scrutin, ouvert à 08h 00 (03h 30 GMT), n'a cessé d'être repoussée. De 18h 00, elle est passée à 20h 00 puis 21h 00. Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a ensuite annoncé la fermeture des bureaux à 22h 00 (17h 30 GMT), mais a ajouté que tout électeur faisant la queue, y compris à l'extérieur, devrait être en mesure de déposer son bulletin.
« La participation sera très bonne et je prévois (...) au moins 70 % », a déclaré de son côté Mohsen Esmaïli, un membre du Conseil des gardiens de la Constitution, qui supervise les élections. « Je pense que les résultats préliminaires seront annoncés aux médias après la prière du matin », qui se tient samedi, a par ailleurs précisé le ministre de l'Intérieur Sadegh Mahsouli.
Un second tour se tiendra le 19 juin si aucun des candidats n'obtient 50 % des voix plus une. Les résultats officiels du 1er tour doivent être annoncés avant samedi minuit.
Deux autres candidats, le réformateur Mehdi Karoubi et le conservateur Mohsen Rezaï, étaient dans la course pour cette présidentielle à laquelle 46,2 millions d'électeurs étaient appelés à se prononcer.
La campagne électorale s'est déroulée dans un climat acerbe entre candidates, mais aussi dans une atmosphère festive de manifestations populaires, à un niveau jamais vu dans la République islamique. Le président Ahmadinejad, 52 ans, avait voté tôt dans un quartier du sud-est de Téhéran. M. Moussavi, 67 ans, qui a aussi voté dans la capitale, avait vu « un bon présage » dans la forte participation.
La campagne a reflété des divisions profondes sur l'avenir de l'Iran, après quatre ans de mandat Ahmadinejad. Ses adversaires ont critiqué notamment sa rhétorique dure sur la crise du nucléaire et contre Israël, qui a contribué à l'isolement du pays. Le président sortant a repris son slogan de défense des plus pauvres, qui lui avait servi en 2005. Il l'a même durci avec des attaques personnelles contre M. Moussavi, accusé d'être soutenu par les « profiteurs » du régime. M. Moussavi, sorti d'une retraite politique de 20 ans, a lui dénoncé les « mensonges » du président sur son bilan économique et une politique populiste.
À Washington, le président américain Barack Obama, qui souhaite engager un dialogue ferme mais direct avec Téhéran, a estimé qu'un « changement » était « possible » dans les relations bilatérales, quel qu'en soit le vainqueur.


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