L'intérêt de l'extérieur pour les élections libanaises suscite, label oblige, l'opposition de... l'opposition. Le Hezbollah publie ainsi un communiqué affirmant que « les dernières positions américaines traduisent un net mécontentement face au niveau de rassemblement populaire autour de la Résistance et de ses choix ». Elles constituent, à ses yeux, une « immixtion dans les affaires intérieures libanaises ».
Les loyalistes répondent qu'ils ne voient pas comment le satisfecit américain, ou autre, exprimé au sujet de la bonne organisation des élections libanaises, peut être qualifié d'immixtion. Ils ajoutent, pour faire bonne mesure, que si l'on va de ce côté-là, il vaudrait mieux se référer aux déclarations iraniennes et syriennes qui ont précédé le scrutin local. On sait en effet que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait déclaré qu'une victoire du 8 Mars « changerait la donne dans la région au profit de la Résistance ». Tandis que le régime syrien affirmait que le Liban ne se gouverne que dans l'entente, quels que soient les résultats des élections, manière de répéter qu'il faut que ses bons amis du cru participent au prochain gouvernement.
Certes, Nabih Berry et Hassan Nasrallah ont reconnu les résultats des élections, le sayyed tenant un discours modéré. Mais on ne peut oublier que Mohammad Raad, autre pilier du 8 Mars, a déclaré que la crise persiste et ne prendrait fin qu'à travers des garanties sur le motus et bouche cousue au sujet de l'armement du Hezbollah ainsi que sur le tiers de blocage. De son côté, le numéro deux du Hezb, cheikh Naïm Kassem, proclame « devant le monde entier que nous continuerons à nous armer, pour rester une résistance armée, en vue de libérer notre terre par les armes. Que le Conseil de sécurité de l'ONU s'octroie une pause de répit, une bonne sieste et procède à sa propre libération, si cela lui chante. Nous rejetons son diktat, nous ne voulons rien de lui, et s'il se met à hurler, ses cris se perdront dans le vent ».
Tout en soulignant qu'eux non plus n'acceptent pas le diktat du Hezbollah et qu'ils ne sont pas prêts à se soumettre aux conditions dont il pose les jalons, les loyalistes affirment qu'ils sont disposés à jouer la carte de l'entente politique, au nom d'une nécessaire solidarité nationale face aux dangers qui menacent le pays et aux difficultés croissantes de la population.
Une situation que le président de la République est résolu à traiter par une batterie étendue de réformes, jetant les bases d'un État moderne. Ce qui nécessite, souligne-t-il, l'ouverture réciproque, le dialogue et la coopération de tous. Il invite de la sorte les protagonistes locaux à évacuer rapidement la gangue de l'escalade électorale pour bâtir ensemble, dans le cadre des lois et des institutions. Le président, indiquent des sources informées, doit faire d'importantes déclarations en faveur de la solidarité nationale lors de la séance du Conseil des ministres, demain vendredi, en mettant l'accent sur la démocratie, comme sur la régularité, des élections et en louant l'action du ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud.
Parallèlement et complémentairement, nombre de pôles loyalistes repartent en campagne sur le thème de la nécessité de renforcer les capacités de la présidence de la République. Sinon lui redonnant certaines de ses anciennes prérogatives que Taëf lui a retirées, un amendement de la Constitution étant difficile et long à réaliser, du moins en lui accordant un tiers, dit de balance, des sièges ministériels. Pour eux, cela lui permettrait d'arbitrer et de préserver, en tant que président de consensus, les équilibres institutionnels fondamentaux.
Retour au volet extérieur. Selon des personnalités qui ont visité Damas récemment, la Syrie est résolue à ouvrir une page nouvelle avec le Liban, en base de l'évolution positive des données régionales. C'est-à-dire à la lumière du rapprochement qui s'amorce avec les États-Unis d'Obama. Tout comme à la faveur de la réconciliation avec l'Arabie saoudite. Ce qui devrait, sans doute, faciliter l'application de la 1701.
Par ailleurs, George Mitchell se pointe au Liban, signe de faveur marquée car l'officier traitant du dossier israélo-palestinien ne se préoccupait pas beaucoup jusque-là de consulter les autorités libanaises, pour concerné que soit notre pays dans ce conflit. Il va répéter, à l'instar d'Obama et de Clinton, le soutien des États-Unis à la solution des deux États. Et se voir confirmer l'attachement du Liban à l'initiative arabe comme au rejet de l'implantation.


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