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Culture - Parution

Confessions sans fard

Roman de fiction, « Le Jour dernier » de Racha al-Ameer, paru en arabe en 2002 et traduit en langue française par Youssef Seddik  aux éditions Actes Sud (Sindbad), est actuellement disponible à la librairie al-Bourj.
Le Jour dernier est un hymne à l'amour. Celui qui sublime les haines et les rancoeurs et transcende religions et barrières. À travers cette confession à l'être aimé, qui traduit les coins d'ombre et de lumière de sa vie, c'est une démarche de catharsis qu'accomplit cet imam né dans un petit village de la montagne -quelque part dans le monde arabe - (sans préciser où car « qu'importe, dit l'auteur,  mon souhait est cette ouverture vers le grand monde arabo-islamique »).
Cet homme de religion « timoré » comme elle l'a si bien décrit en quelques mots : « Un homme qui a bridé en lui toutes les manifestations de la vie jusqu'à l'inconscience.  Un homme qui n'a jamais connu l'amour malgré son grand savoir... » et qui  va connaître grâce à une jeune femme d'un autre milieu l'amour, le courage ( « si profondément terré en lui »), mais également l'autre face de la vie.  
Avant d'être responsable d'une mosquée appelée les « Deux-Omar » devenue par la suite celle « des Exilés », cet imam, dont on ne connaît pas le nom, avait suivi le cursus traditionnel des ulémas : sciences du Coran et du Hadith, théologie, droit, langue et littérature.   
C'est par un curieux hasard qu'une jeune femme va croiser son chemin (elle aussi, sans nom). Faisant des recherches sur Abû al-Tayyib al-Mutannabî, le grand poète se chargera de  « nouer les fils entre  les deux passions ».

Drame lyrique
Quel plaisir pour le lecteur que de repérer tous les indices que place au fil des pages Racha al-Ameer et de découvrir le rapprochement entre le nom arabe du poète qui évoque également celui du Prophète. Faisant un parallélisme entre les deux grands textes qui sillonnent la théologie et la littérature arabe, à savoir le Coran et les poèmes de Muttanabî, la romancière et journaliste qui a fondé, avec son frère l'écrivain Loqman Slim, la maison d'édition Dar al-Jâdid aborde les grands thèmes de la vie tout en essayant de lancer un appel de paix et d'amour : « Cessez de chercher la prophétie dans vos mosquées ou églises, car cela n'engendre que des inimitiés et des querelles, semble-t-elle dire,  mais par contre soyez poètes et cherchez la poésie en vous.  »
Écrit dans une langue classique, « non pas comme un premier roman de jeunesse, mais au souffle des grands classiques dramatiques bien construits, « je suis d'ascendance shakespearienne, influencée par le grand drame », dit Racha al-Ameer. Il a fallu 5ans à Youssef Seddick pour  traduire le texte tout en étant fidèle au ton.
Au bout du compte Le Jour dernier est un ouvrage à l'écriture fluide qui transgresse les interdits et les stéréotypes (sans aucun désir de  provocation) et transporte le lecteur vers un monde de spiritualité et de poésie. Un monde assoiffé d'ouverture vers l'autre. Cet autre, cet inconnu, qu'il serait bon de découvrir.  
Le Jour dernier est un hymne à l'amour. Celui qui sublime les haines et les rancoeurs et transcende religions et barrières. À travers cette confession à l'être aimé, qui traduit les coins d'ombre et de lumière de sa vie, c'est une démarche de catharsis qu'accomplit cet imam né dans un petit village de la montagne -quelque part dans le monde arabe - (sans préciser où car « qu'importe, dit l'auteur,  mon souhait est cette ouverture vers le grand monde arabo-islamique »). Cet homme de religion « timoré » comme elle l'a si bien décrit en quelques mots : « Un homme qui a bridé en lui toutes les manifestations de la vie jusqu'à l'inconscience.  Un homme qui n'a jamais...
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