Dans la matinée de jeudi, le général Ramon Cardoso, directeur du département de contrôle de l'espace aérien brésilien, avait annoncé que la marine avait récupéré une première pièce provenant de la soute à bagages de l'Airbus. Mais quelques heures plus tard, il a dû faire machine arrière assurant que « jusqu'à présent, aucune pièce de l'avion n'a été récupérée » et que le liquide découvert jeudi, avec les débris, à la surface de l'océan provenait « d'un navire, pas d'un avion » puisqu'il s'agissait d'huile et non de kérosène.
Cet élément pourrait relancer l'hypothèse d'une explosion. « J'ai toujours dit qu'on n'avait pas le droit d'exclure le terrorisme », a répété hier le ministre français de la Défense, Hervé Morin, sujet des causes potentielles de la destruction de l'avion.
En outre, les mauvaises conditions météorologiques dans la région où se concentrent les recherches rendent plus difficile la visualisation de débris, a souligné un porte-parole de l'armée de l'air brésilienne (FAB).
Le procureur de la République de Paris a par ailleurs ouvert hier une information judiciaire contre X pour « homicides involontaires » et l'a confiée à la juge d'instruction Sylvie Zimmerman. Le parquet avait ouvert une enquête préliminaire mardi soir tout en annonçant qu'une information judiciaire serait « rapidement ouverte ». Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a annoncé hier que l'enquête technique sur le vol Rio-Paris a permis d'établir « à partir de l'exploitation des messages automatiques transmis par l'avion, l'incohérence des différentes vitesses mesurées ». L'avion possède différents calculateurs afin de mesurer la vitesse et « il s'avère qu'il y avait une incohérence entre ces vitesses » mesurées, a expliqué une porte-parole du BEA. L'enquête a aussi permis de confirmer la présence à proximité de la route prévue de l'avion au-dessus de l'Atlantique des phénomènes orageux particuliers. Airbus a envoyé dans la nuit de jeudi à vendredi « un télex d'information » rappelant à toutes les compagnies utilisant ses avions sur les procédures à suivre en cas d'incohérence des vitesses mesurées.
Parallèlement, un petit groupe de familles de victimes a quitté Rio hier matin à destination de Recife dans un avion de l'armée de l'air (FAB) pour accompagner les recherches au plus près. « C'est important pour nous de pouvoir voir », avait déclaré jeudi Nelson Farias Marinho, père d'une victime. Le petit groupe devait revenir à Rio hier soir. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, venu à Rio exprimer sa solidarité aux familles endeuillées, a affirmé « qu'il faudra du temps » pour connaître les causes de la catastrophe.
Le patriarche de Moscou et de toutes les Russies Kirill a présenté ses condoléances aux familles des victimes de la catastrophe dans deux messages distincts adressés aux présidents français Nicolas Sarkozy et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

