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Lifestyle - Objets Et Histoire

L’urne de tous les (dés)espoirs

Le dimanche 7 juin, nous serons nombreux à prendre les chemins, espérons asphaltés, de nos villages, pour déposer dans des urnes les noms de ceux, que nous croyons, à tort ou à raison, garants de notre indépendance et de nos libertés !
Chez les anciens, l'urne était un grand vase aux flancs arrondis qui servait à puiser de l'eau, à renfermer les cendres des morts ou bien à recueillir les suffrages dans les tribunaux. C'est cette dernière fonction qui sera adoptée par les démocrates du XIXe siècle afin d'affirmer une filiation à la fois gratifiante et rassurante. Sous l'ancien régime en France, lors des élections aux états généraux, c'est dans un vase qu'étaient déposés les billets d'élections. Pour le plébiscite impérial de mai 1870, on parle encore de boîte à voter. La Grande Encyclopédie, éditée en 1885 par Marcellin Berthelot, ignore encore l'usage électoral du mot urne, réservée à la fonction funéraire. En revanche, un grand effort est fait depuis le second Empire pour réglementer et normaliser la boîte de scrutin. Les boîtes en fer blanc, fabriquées par l'entreprise Talliet à Aubervilliers, sont recommandées par une circulaire de 1865. On n'utilise plus des soupières, des récipients de cristal ou des pots de terre, comme c'était encore le cas dans les années 1850. Mais ce sont les lois électorales de 1913 et 1914 réglementant strictement la boîte de scrutin, instaurant le vote sous enveloppe et l'isoloir, qui vont installer définitivement l'usage de l'urne électorale...
Parmi les pays anglo-saxons, la Nouvelle-Zélande a, la première, accordé le droit de vote aux femmes en 1893, suivie de près par l'Australie et les États-Unis. En Europe, les pays nordiques, notamment la Finlande et la Norvège, l'accordèrent en 1906. Le Danemark, l'Allemagne et les Pays-Bas attendent la fin de la Première Guerre mondiale pour le faire... Et si, dans certains pays, ce droit fut accordé aux femmes ipso facto, dans d'autres, il a fallu beaucoup de cran, d'obstination et de « sacrifices » pour en arriver là... Les Libanaises, elles, ont le droit de voter depuis 1952, bien avant les Polonaises, les Chypriotes et les... Suissesses, qui durent attendre les années 1970 pour cela. Quant aux pays arabes, les revendications incessantes de militantes ont porté leurs fruits et c'est ainsi qu'au Qatar, les femmes votent depuis 1999, au Koweït depuis 2005 et 2006 pour les Émirats arabes unis.
Certes, il y a encore beaucoup à faire dans le domaine des égalités des droits, mais voter est non seulement un droit, mais aussi un devoir, et plutôt que d'inciter seulement les belles à le faire et orange, de surcroît, encourageons plutôt les belles-mères, les grands-mères, les mères actuelles, éventuelles ou futures (pas le courant), car il y va de l'avenir de leurs enfants et de leur présence dans cette mère patrie...
Le dimanche 7 juin, nous serons nombreux à prendre les chemins, espérons asphaltés, de nos villages, pour déposer dans des urnes les noms de ceux, que nous croyons, à tort ou à raison, garants de notre indépendance et de nos libertés !Chez les anciens, l'urne était un grand vase aux flancs arrondis qui servait à puiser de l'eau, à renfermer les cendres des morts ou bien à recueillir les suffrages dans les tribunaux. C'est cette dernière fonction qui sera adoptée par les démocrates du XIXe siècle afin d'affirmer une filiation à la fois gratifiante et rassurante. Sous l'ancien régime en France, lors des élections aux états généraux, c'est dans un vase qu'étaient...
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