L'étude révèle d'autre part les difficultés liées à la démographie, estimant que « l'ensemble de la population levantine passera de 42 millions en 2008 à 71 millions en 2050 », avec toutes ses implications sur la demande d'eau, de nourriture, de logement et d'emploi. « Ce rapport entre dans le cadre d'un effort global pour créer une prise de conscience sur le changement climatique et rechercher de nouvelles alternatives », dit Ole Egberg Mikkelsen, ambassadeur du Danemark à Damas. Le Danemark accueillera la prochaine conférence de l'ONU sur le changement climatique en décembre 2009.
La Syrie est victime du manque d'eau, mais aussi de la déforestation, le surpâturage et la mauvaise gestion des terres cultivées, provoquant la dégradation des terrains et l'augmentation de l'irrigation. « 13 % des terrains agricoles se sont dégradés entre 1980 et 2006 à cause du pâturage, ainsi que l'expansion urbaine et les activités agricoles, industrielles et touristiques », souligne le docteur Fayez Asfary, expert de la désertification. En Syrie, le secteur primaire représente 23 % du PNB et emploie 30 % de la population active.
L'IIDD, un organisme indépendant basé au Canada, estime qu'« un réchauffement modéré provoquerait une baisse de 30 % des eaux de l'Euphrate (qui traverse la Turquie, la Syrie et l'Irak) et un rétrécissement de l'ordre de 80 % de la mer Morte vers la fin du siècle ». La plupart des villes syriennes connaissent fréquemment des coupures d'eau alors que le pays a connu sa plus forte vague de sécheresse depuis 40 ans. Les nappes phréatiques diminuent et les réserves d'eau tarissent graduellement : la rivière du Barada qui traverse Damas disparaît en été alors que les autorités ont fermé le lac de Mzeirib (Sud) aux activités touristiques, pour préserver les ressources hydrauliques. À ce tableau sombre, s'ajoute la diminution dramatique de l'eau potable dans le désert de Syrie, la « Badiyé » (Est).
Pour augmenter l'approvisionnement en eau, les autorités projettent la construction d'aqueducs entre l'Euphrate à l'est et la ville de Salamiyé (centre), selon les médias locaux. Le gouvernement compte aussi adopter de nouvelles méthodes d'irrigation afin de réduire la consommation d'eau.
Talal EL-ATRACHE (AFP)

