Meira Kumar, une « intouchable » indienne de 64 ans, a été élue hier présidente du Parlement, une première dans l'histoire de l'Inde. L'Assemblée du peuple vient d'être élue au terme des législatives d'avril-mai triomphalement remportées par le Parti du Congrès du Premier ministre Manmohan Singh. Membre de la communauté des « dalits » (« les opprimés »), cette diplomate de carrière, entrée en politique en 1985, a été cinq fois députée. Lors du dernier scrutin législatif, elle a été réélue dans sa circonscription de l'État pauvre du Bihar (Est). Une fois désignée « speaker » du Parlement, Mme Kumar a salué ce « moment historique » pour l'Inde et ce « moment écrasant » pour elle-même. « Pour la première fois, une femme, de surcroît une "dalit", a été élue "speaker" (...) Nous rendons ainsi hommage aux femmes de notre pays et à leur grande contribution », s'est félicité M. Singh, dont le Parti du Congrès (centre-gauche laïc, 206 sièges à l'Assemblée) soutenait Mme Kumar et avait convaincu l'opposition emmenée par le Parti du peuple indien (BJP, droite hindoue).
Sur les 543 membres de l'Assemblée, 59 sont des femmes. D'après le politologue Rasheed Kidwai, le Parti du Congrès tente ainsi de s'afficher en « parti féministe ». Cette formation est déjà présidée par Sonia Gandhi - influente héritière de la dynastie Nehru-Gandhi - et la présidente de la République est depuis juillet 2007 Mme Pratibha Patil, rappelle-t-il. Cela n'a pas franchement amélioré le sort des femmes en Inde, rétorquent des associations, qui dénoncent les discriminations et les violences, notamment dans le mariage, dont elles sont victimes. La promotion de l'« intouchable » Kumar est aussi une « décision délibérée » du Parti du Congrès pour séduire les « dalits » qui se sont tournés ces dernières années vers des formations régionales ou fondées sur l'appartenance à la caste, explique l'analyste Neerja Choudhury.
L'Inde, qui se targue d'être « plus grande démocratie du monde », a déjà eu un président de la République « intouchable », K.R. Narayanan, et l'État le plus peuplé du pays, l'Uttar Pradesh, est dirigé par la chef du Bahujan Samaj Party (BSP, le parti de la société dalit), Mayawati Kumari, qui rêve de devenir un jour Premier ministre. Les Indiens « dalits » - considérés comme des citoyens « hors castes » ou membres des castes les plus basses - sont 165 millions sur 1,17 milliard d'habitants et se plaignent d'obstacles sur le marché du travail, du logement ou pour l'éducation.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Meira Kumar, une « intouchable » indienne de 64 ans, a été élue hier présidente du Parlement, une première dans l'histoire de l'Inde. L'Assemblée du peuple vient d'être élue au terme des législatives d'avril-mai triomphalement remportées par le Parti du Congrès du Premier ministre Manmohan Singh. Membre de la communauté des « dalits » (« les opprimés »), cette diplomate de carrière, entrée en politique en 1985, a été cinq fois députée. Lors du dernier scrutin législatif, elle a été réélue dans sa circonscription de l'État pauvre du Bihar (Est). Une fois désignée...