« Les victimes sont toutes des employés de l'institution financière et de crédit Mehr, qui ont perdu la vie dans un incendie criminel qui a embrasé le bâtiment hier », a rapporté le site de la chaîne iranienne PressTV qui émet en anglais, sans donner plus de précision. L'institution visée est liée au Bassidj, la milice islamiste qui dépend du corps des gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime.
Selon le principal responsable religieux sunnite local, les heurts ont éclaté après une tentative d'agression dont il a été victime : « Nous avons condamné l'attentat de jeudi et nous sommes allés (à la mosquée chiite visée par l'attentat) pour prononcer une prière, mais certaines personnes ont lancé des slogans contre moi (...), un de mes gardes du corps a été frappé. » « Lorsque l'information concernant cette agression s'est répandue dans la ville, des gens ont commencé à se rassembler pour protester », a-t-il poursuivi, dans des déclarations au quotidien Etemad, en appelant la population au calme.
Par ailleurs, le vice-commandant de la police iranienne, le général Ahmad Reza Radan, a annoncé hier l'arrestation d'« éléments incontrôlés », parmi lesquels figurent des sunnites et des chiites, qui ont tenté dimanche de provoquer « des divisions entre chiites et sunnites dans la région », selon l'agence de presse Mehr. « Le calme est revenu avec l'intervention des responsables et des leaders religieux de la province », a-t-il ajouté.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a de nouveau appelé les musulmans chiites et sunnites à éviter toute division qui porte atteinte « à l'unité nationale », selon la télévision d'État. La population iranienne, forte de 70 millions d'habitants, est composée à plus de 90 % de chiites, les sunnites représentant moins de 10 %. La province de Sistan-Balouchistan, située à la frontière avec le Pakistan et l'Afghanistan et dont Zahedan est le chef-lieu, abrite une forte minorité sunnite.
Ces dernières années, la province de Sistan-Balouchistan a été le théâtre de nombreux attentats et actions armées, attribués au groupe rebelle Joundallah. Le groupe, qui revendique une plus grande autonomie pour la minorité baloutche sunnite, est régulièrement accusé d'attaques contre les forces de l'ordre. Hier, le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a affirmé que le groupe est « lié aux forces étrangères basées en Afghanistan », accusant une nouvelle fois les États-Unis de soutenir ces rebelles.
L'Iran connaît une période de tension en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 12 juin.


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