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Irak : les députés irakiens se déchaînent contre le Koweït

Les députés irakiens se sont déchaînés lundi contre le Koweït, certains demandant que ce ne soit plus l'Irak qui paie des compensations pour son invasion en 1990 mais son voisin pour avoir laissé les Etats-Unis utiliser son territoire pour envahir l'Irak en 2003.

"Nous demandons un débat au Parlement afin de réclamer des compensations financières du Koweït pour avoir permis aux forces américaines d'utiliser son territoire pour attaquer l'Irak et y causer des dommages et des destructions", a affirmé le député sunnite Ezzedine al-Dawla, du Front de la Concorde.

Le député kurde Mahmoud Othmane a été plus loin, affirmant que l'Irak "ne peut pas accepter les nouvelles frontières avec le Koweït car elles nous ont été imposées".

Un responsable koweïtien a réclamé la semaine dernière que l'Irak applique les résolutions de l'ONU avant une levée des sanctions qui le frappent depuis 1990.

"Nous comprenons le désir de l'Irak de sortir du chapitre VII mais il y a des obligations et des questions en suspens qu'il serait illogique de laisser sans résolution", a ainsi déclaré le sous-secrétaire koweïtien aux Affaires étrangères, Khaled al-Jarallah.

Le Koweït a lancé le 20 mai une campagne diplomatique auprès du Conseil de sécurité de l'ONU pour demander le règlement du contentieux avec l'Irak, sur les frontières, les disparus et les biens volés, pendant les sept mois d'occupation du pays par les troupes de Saddam Hussein.

Le chapitre VII de la charte de l'ONU, invoqué en cas de menace pour la paix internationale et la sécurité, peut ouvrir la porte à des sanctions, voire à des actions militaires.

Un rapport sur ces sanctions du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, doit être remis aux membres du Conseil de sécurité d'ici à la mi-juin.

Selon le député chiite Jaber Haber Habib Jaber, du bloc des indépendants, "tous les groupes parlementaires sont d'accord pour faire front contre le Koweït et annuler les compensations que l'Irak doit payer à son voisin".

"C'est nous qui devons demander des compensations car le Koweït a favorisé l'attaque contre l'Irak et il doit payer les dommages à nos infrastructures", a-t-il ajouté.

L'Irak a déjà payé plus de 13 milliards de dollars de réparations au Koweït et doit s'acquitter de 25 autres mds de dollars en plus d'une dette estimée à 16 mds de dollars.

Plus mesuré, le président du Parlement, Iyad al-Samarraï, a estimé devant la presse que le "peuple irakien souffre à cause du problème sans fin des compensations et des dettes".

Mais il a rendu hommage à son homologue koweitien, Jassem Al-Kharafi, "connu pour sa sagesse et son désir de chercher avec le gouvernement koweïtien à resoudre les problèmes". Il a souligné que "les Irakiens payaient les erreurs du régime de Saddam Hussein.

Jeudi, le porte-parole du gouvernement irakien avait assuré que son pays voulait améliorer ses rapports avec le Koweït, sans toutefois évoquer la question déterminante des frontières, car Bagdad ne reconnaît pas le tracé établi par l'ONU après la guerre du Golfe de 1991.

"Les deux pays veulent entretenir des relations fraternelles et de bon voisinage (...) Le Koweït doit savoir que les frères irakiens sont totalement disposés à régler la question des disparus et des propriétés koweïtiennes", a déclaré Ali Al-Dabbagh.

"Mais le gouvernement irakien ne veut pas que ce dossier (des disparus) soit un obstacle pour sortir du chapitre VII, car le nouveau régime n'est pas une menace pour la sécurité et la paix dans la région", avait-il ajouté.

Les députés irakiens se sont déchaînés lundi contre le Koweït, certains demandant que ce ne soit plus l'Irak qui paie des compensations pour son invasion en 1990 mais son voisin pour avoir laissé les Etats-Unis utiliser son territoire pour envahir l'Irak en 2003.
"Nous demandons un débat au Parlement afin de réclamer des compensations financières du Koweït pour avoir permis aux forces américaines d'utiliser son territoire pour attaquer l'Irak et y causer des dommages et des destructions", a affirmé le député sunnite Ezzedine al-Dawla, du Front de la Concorde.
Le député kurde Mahmoud Othmane a été plus loin, affirmant que l'Irak "ne peut pas accepter les nouvelles frontières avec le Koweït car elles...