L'armée a assuré avoir tué plus de 1 100 talibans depuis le début de l'offensive dans les districts de Lower Dir, Buner puis Swat, et n'avoir perdu que 66 hommes. Mais elle n'évoque jamais aucune perte civile, se contentant de dire qu'elle fait tout pour les minimiser, mais qu'elles sont parfois « inévitables ». Selon l'ONU, le nombre de civils déplacés depuis le 2 mai par ces combats est en passe d'atteindre les 2,4 millions. Hier, l'armée a indiqué avoir temporairement levé le couvre-feu dans la région, notamment à Mingora, pour permettre aux civils, pris au piège sur les routes par l'offensive, de rentrer chez eux ou de quitter la région.
Par ailleurs, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est déclaré hier « extrêmement préoccupé » par la situation humanitaire dans le district de Swat, où il a pu accéder pour la première fois depuis début mai et où la population manque de tout. « Il n'y a plus d'eau courante ni d'électricité, et la nourriture est devenue rare », explique le CICR. « Il n'y a plus d'essence pour les générateurs, et la plupart des centres médicaux du district ne fonctionnent plus », a affirmé le délégué du CICR, Daniel O'Malley, qui a pu se rendre sur place avec une équipe. « Les équipes médicales, peu nombreuses, qui sont encore sur place, se battent pour travailler sans eau, ni électricité, ni approvisionnement », a poursuivi M. O'Malley. « Elles ne peuvent tout simplement pas faire face à l'afflux de patients », a-t-il ajouté.
Selon l'organisation, les civils qui n'ont pas fui le district de Swat ont été « coupés du monde » depuis le déclenchement de l'offensive gouvernementale, les communications téléphoniques n'étant plus possibles. « Les gens sont extrêmement désireux d'entrer en contact avec les membres de leur famille qui ont fui », a expliqué le chef de délégation du CICR au Pakistan, Pascal Cuttat.
Au vu des besoins sur le terrain, le CICR a d'ores et déjà mobilisé des ressources supplémentaires, mais réclame aussi un accès « sûr et sans entrave » à la région, où il était l'une des seules organisations humanitaires à avoir accès avant le déclenchement des hostilités.
Par ailleurs, à mesure que l'armée réduit la résistance des combattants islamistes, les craintes d'attentats des talibans augmentent. Hier, les talibans ont attaqué une école à Hangu, au sud de Peshawar, tuant un employé et enlevant trois personnes, selon la police locale. Au Waziristan du Nord, un médecin et un ressortissant afghan ont été tués par des combattants présumés, ont indiqué des responsables.


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