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Moyen Orient et Monde - Pakistan

La situation humanitaire est « extrêmement » préoccupante à Swat

Le CICR accède pour la première fois dans le nord-ouest du pays ; l'armée affirme avoir repris aux talibans le contrôle de Mingora et promet la fin rapide de l'offensive.
L'armée pakistanaise promet de venir à bout des talibans dans le nord-ouest du pays d'ici deux à trois jours, un peu plus d'un mois après le début d'une vaste offensive, a indiqué hier le secrétaire à la Défense. « Les opérations à Swat, Buner et dans les zones voisines sont presque totalement achevées », a déclaré Syed Athar Ali, secrétaire pakistanais à la Défense, lors d'une conférence régionale sur la sécurité à Singapour. L'armée pakistanaise a indiqué samedi avoir repris aux talibans le contrôle de Mingora, chef-lieu du district de Swat et étape essentielle dans son offensive contre les islamistes. Les autorités pakistanaises ont annoncé que 15 000 soldats y faisaient face à quelque 2 000 talibans. Jusqu'ici aux mains de ces combattants islamistes liés à el-Qaëda, Mingora, où vivent d'ordinaire quelque 300 000 personnes, a été vidée de la presque totalité de ses habitants ces deux dernières semaines. L'armée avait déclenché une vaste offensive le 26 avril pour « nettoyer » la vallée de Swat et ses environs des talibans qui s'en sont progressivement emparés. Si Mingora a été sécurisée, selon l'armée, les combats se poursuivent dans le district montagneux de Swat, a précisé samedi le général Abbas.
L'armée a assuré avoir tué plus de 1 100 talibans depuis le début de l'offensive dans les districts de Lower Dir, Buner puis Swat, et n'avoir perdu que 66 hommes. Mais elle n'évoque jamais aucune perte civile, se contentant de dire qu'elle fait tout pour les minimiser, mais qu'elles sont parfois « inévitables ». Selon l'ONU, le nombre de civils déplacés depuis le 2 mai par ces combats est en passe d'atteindre les 2,4 millions. Hier, l'armée a indiqué avoir temporairement levé le couvre-feu dans la région, notamment à Mingora, pour permettre aux civils, pris au piège sur les routes par l'offensive, de rentrer chez eux ou de quitter la région.
Par ailleurs, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est déclaré hier « extrêmement préoccupé » par la situation humanitaire dans le district de Swat, où il a pu accéder pour la première fois depuis début mai et où la population manque de tout. « Il n'y a plus d'eau courante ni d'électricité, et la nourriture est devenue rare », explique le CICR. « Il n'y a plus d'essence pour les générateurs, et la plupart des centres médicaux du district ne fonctionnent plus », a affirmé le délégué du CICR, Daniel O'Malley, qui a pu se rendre sur place avec une équipe. « Les équipes médicales, peu nombreuses, qui sont encore sur place, se battent pour travailler sans eau, ni électricité, ni approvisionnement », a poursuivi M. O'Malley. « Elles ne peuvent tout simplement pas faire face à l'afflux de patients », a-t-il ajouté.
Selon l'organisation, les civils qui n'ont pas fui le district de Swat ont été « coupés du monde » depuis le déclenchement de l'offensive gouvernementale, les communications téléphoniques n'étant plus possibles. « Les gens sont extrêmement désireux d'entrer en contact avec les membres de leur famille qui ont fui », a expliqué le chef de délégation du CICR au Pakistan, Pascal Cuttat.
Au vu des besoins sur le terrain, le CICR a d'ores et déjà mobilisé des ressources supplémentaires, mais réclame aussi un accès « sûr et sans entrave » à la région, où il était l'une des seules organisations humanitaires à avoir accès avant le déclenchement des hostilités.
Par ailleurs, à mesure que l'armée réduit la résistance des combattants islamistes, les craintes d'attentats des talibans augmentent. Hier, les talibans ont attaqué une école à Hangu, au sud de Peshawar, tuant un employé et enlevant trois personnes, selon la police locale. Au Waziristan du Nord, un médecin et un ressortissant afghan ont été tués par des combattants présumés, ont indiqué des responsables.
L'armée pakistanaise promet de venir à bout des talibans dans le nord-ouest du pays d'ici deux à trois jours, un peu plus d'un mois après le début d'une vaste offensive, a indiqué hier le secrétaire à la Défense. « Les opérations à Swat, Buner et dans les zones voisines sont presque totalement achevées », a déclaré Syed Athar Ali, secrétaire pakistanais à la Défense, lors d'une conférence régionale sur la sécurité à Singapour. L'armée pakistanaise a indiqué samedi avoir repris aux talibans le contrôle de Mingora, chef-lieu du district de Swat et étape essentielle dans son offensive contre les islamistes. Les autorités pakistanaises...
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