Sur le Web, quelque deux cents homosexuels syriens ont constitué un groupe, « Je suis ton semblable », et ont publié un manifeste à la tolérance. « Je suis homosexuel, j'ai le droit d'exprimer mon opinion. Je fais partie de cette société qui me doit son respect. Je suis homosexuel, mais je ne viens pas d'une autre planète », affirme cet appel sans précédent. Le texte appelle à l'abrogation d'une clause du code pénal qui « sanctionne les individus pour leurs orientations sexuelles qu'ils n'ont pas choisies ».
En Syrie, comme dans la plupart des pays arabes, l'homosexualité est considérée comme « un délit ». Celle-ci n'est pas explicitement mentionnée par la loi qui prévoit une peine allant de six mois à un an de prison pour des « relations outrageantes », explique Ammar Qorabi, président d'une organisation des droits de l'homme.
L'écrivain Nabil Fayyad, qui se présente comme un défenseur des droits des minorités, dénonce lui « l'amalgame » entre homosexualité et prostitution. Selon lui, « il y a plus d'homosexuels et de lesbiennes que l'on ne croit. 20 % sont des homos ou des bisexuels », mais la majorité des Syriens refuse à le reconnaître. M. Fayyad évoque des jardins publics et des restaurants à Damas. Des hammams, où les gens venaient jadis pour discuter, « sont devenus un traditionnel lieu de rencontre » pour les gays, assure-t-il. Il se rappelle d'un Américain, Edward G., originaire de San José (Californie, Ouest), qui se rendait régulièrement en Syrie pour du « tourisme sexuel ». Il était muni d'un « gay guide » et se disait « étonné par l'extension de ce phénomène ».
Souheil, la trentaine, ne donne pas son véritable prénom. Il dit mener une double vie pour « sauver les apparences ». Il « souhaite que les mentalités changent » et que les droits de tous soient « respectés indépendamment de leur identité sexuelle ». Bassam, chauffeur, affirme au contraire « être dégoûté ». Il voit dans l'homosexualité « une maladie ». « Les homosexuels doivent se faire soigner », ajoute-t-il.
En décembre 2008, un appel à la dépénalisation de l'homosexualité, déposé à l'Assemblée générale de l'ONU, a été signé par 66 pays. Soixante autres pays ont signé une déclaration opposée, qui avait été lue par la Syrie et soutenue par les pays arabes.


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