Les autres candidats ne font pas partie de listes, mais il a été convenu entre les différentes parties que le candidat chiite qui l'emportera est celui nommé par le mouvement Amal, Hani Kobeïssi. L'autre candidat arménien est Arthur Nazarian, du parti Tachnag. Le partage se fera donc entre deux candidats de la majorité actuelle, et deux de l'opposition, puisque ni l'une ni l'autre n'ont présenté de candidats pour les deux autres sièges, conformément à un accord conclu en ce sens entre les deux camps lors de la conférence de Doha.
Interrogé sur la bataille dans cette circonscription, M. Nazarian confirme que « la partie est pratiquement jouée d'avance, depuis Doha ». Il affirme que « les deux candidats arméniens sont pratiquement élus d'office, faute de concurrents ». « Je pense que le seul concurrent chiite de M. Kobeïssi s'est déjà retiré ou se retirera très bientôt », affirme-t-il également.
Dans ce contexte, le seul semblant de bataille reste entre les candidats au siège sunnite, puisque l'ancien député Adnane Arakji a refusé de se retirer de la bataille simplement parce que le partage des parts avait été décidé à Doha. Il paraît donc être l'adversaire le plus sérieux de M. Machnouk, mais a-t-il des chances de percer ? Le candidat qualifie ses chances de gagner de « très bonnes ». Interrogé sur les raisons qui l'ont poussé à poursuivre la lutte jusqu'au bout, M. Arakji a affirmé « n'être pas concerné par Doha puisque je n'y étais pas ». « Je ne suis pas nouveau en politique, j'étais déjà candidat en 2005 », rappelle-t-il. Il nie d'ailleurs formellement que les listes aient été décidées à Doha. « Personne n'avait alors avancé de noms, assure-t-il. D'ailleurs, le nom de M. Machnouk n'a été évoqué que récemment. Lorsque Doha a eu lieu, il n'était même pas au Liban. »
Pour M. Arakji, « ce qui s'est passé à Doha, c'est un partage du gâteau entre forces politiques ». « C'est honteux, ajoute-t-il. Dans les élections, c'est le peuple qui décide. Or, dans ce cas, on veut lui ôter son pouvoir de décision. Et c'est pourquoi nous n'abandonnerons pas la bataille. »
Ce n'est pas du tout l'avis de M. Machnouk. « Les hommes politiques ont conclu un accord, mais est-ce que les électeurs sont tenus de respecter cet accord ? dit-il. Ils peuvent toujours voter pour le candidat qu'ils préfèrent, surtout concernant le siège sunnite. »
Cet ancien conseiller du Premier ministre assassiné Rafic Hariri ne voit pas cette bataille sous un angle simplement électoral, mais plutôt politique. « Cette circonscription est comme un microcosme du Liban, dit-il. Il y a presque autant de chrétiens que de musulmans, et la même équation vaut pour les électeurs sunnites et chiites. Je vois ma candidature dans cette circonscription en particulier comme une invitation au dialogue entre les communautés. En témoignent certaines de nos activités électorales. J'ai été reçu récemment, avec le candidat d'Amal, par le chef du Bloc du futur, le député Saad Hariri. Nous serons reçus de même par le président du Parlement, Nabih Berry. Le 7 juin n'est ni le début ni la fin de l'histoire. »
Comment, dans de telles circonstances, travailleront les machines électorales sur le terrain, d'ici au 7 juin ? « Il y a une coordination entre les machines d'Amal et du Futur », souligne-t-il.
Il est fort à parier que la fièvre électorale ne gagnera pas Beyrouth II le 7 juin. Le facteur le plus intéressant à observer sera probablement le taux de participation au scrutin.
S. B.

